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Saturday, July 05, 2008

LE GNAOUI MAROCAIN EST MAGHREBIN SELON ALGER

Le deuxième festival international de la musique "gnaouie", prévu du 6 au 11 juillet à Alger, constitue un important espace d’expression pour cet art séculaire et héritage culturel aux peuples maghrébins. En Algérie cette forme d'art porte l’appellation de "diwane ou "bilali", au Maroc celle de gnaoui ou "Lila (nuit)", tandis qu'en Tunisie et en Libye il est connu respectivement sous les appellations de "stambali" et "sambali". Pour de nombreux chercheurs versés dans le domaine du patrimoine culturel populaire et traditionnel dans ces pays, les origines de cette musique remontent à l’ère des Almohades, au 19e siècle.A cette époque, on recensait déjà des confréries "gnawa" à travers plusieurs régions de ces pays notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest algérien, véritable creuset de cette forme d'expression artistique.
A l’origine de la création de ces confréries de simples ouvriers et autres travailleurs au pair, descendants de populations des pays subsahariens. Les premières de ces entités, qui virent le jour dès la fin du 17e siècle dans le Maghreb, étaient essentiellement composées d’hommes et de femmes de race noire qui seront rejoints par la suite par de nouveaux adeptes berbères et arabes.
Ce brassage va enrichir et renforcer le rayonnement populaire de ce genre musical dans la région du Maghreb, donnant ainsi une dimension culturelle et religieuse aux chants, rites et pratiques qui avaient à l'origine un caractère païen.
Ce métissage des cultures subsahariennes, berbères et arabes est visible actuellement a travers les différents textes chantés par les gnawa où l’on trouve de l’arabe, du berbère, du "haoussa" et d’autres langues africaines que ne peuvent traduire même les adeptes de ce genre de musique.
La structure lyrique de cette forme de musique est divisée en plusieurs "bordjs", qui louent en majorité Allah le tout puissant, son Prophète Mohamed (QSSSL) et certains Saints Hommes de l'Islam.
Le cérémonial ou "derdeba" se déroule généralement en début de soirée pour se terminer à l’aube. Il réunit les adeptes, sous la conduite du "Maalem" ou maître de cérémonie, qui est le plus ancien parmi l’assistance et le virtuose du "goumbri", un instrument à trois corde à la base de ce genre de musique. Les "krakab" et "t’bal" assurent les percussions à l'orchestre de la confrérie qui doit interpréter sept "bordjs" et exécuter sept danses durant cette nuit parée elle aussi de sept couleurs qui exprime chacune un esprit ou "m'louk", selon la philosophie "'gnaouie".
Au cours de cette soirée très suivie par les adeptes ou de simples amoureux de ce genre de musique, comme c'est le cas à Bechar, les chants, les odeurs d'encens et les danses créent une ambiance qui plonge dans un état de transe plusieurs présents. Il arrive même qu'on ramène à ces soirées des personnes malades, qu'on croit guérir grâce aux vertus, considérées comme thérapeutiques de la musique "gnaouie".
On prête au mysticisme, toujours présent au cours de ces soirées, la possibilité d'ouvrir la voie de la découverte de l’âme individuelle et collective et celle des secrets et mystères de ce monde", soulignent les "gnawa". "Mieux, il permet l’évasion des carcans du quotidien et permet d'aller vers le "sublime" et la perfection", signalent les fervents adeptes.
La séance de transe est dirigée par le "Maalem" généralement le plus âgé et maître de la confrérie, qui au début du cérémonial est salué avec déférence et un grand respect par les membres du groupe, du fait qu’il incarne la connaissance parfaite du rite gnaoui, la sagesse et préserve l’homogénéité du groupe. La beauté du texte, de la musique et de la danse "gnaouie" procure au fil du cérémonial un sentiment de satisfaction, de bien-être, tant chez les membres de la confrérie que chez les convives. Le diwane ou gnaoui reste toujours l’un des arts les plus populaires dans de nombreuses régions du pays où grâce à sa popularité et son ancrage dans la société, à su garder son authenticité.
La deuxième édition du festival international d’Alger va sans doute être une nouvelle occasion pour l’approfondissement de la connaissance de ce genre à travers les différentes soirées prévues dans ce cadre.
[Aps 4/7/08] BECHAR (Algérie)
اذا لم تستحي فافعل ما شئت يقول المثل العربي الشهير أو الله ينعل اللي ما يحشم يقول المثل المغربي الشهير كذلك

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