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Friday, November 14, 2008

POLISARIO, LE "TRABANDOTERRORISME" EN QUESTION

Pendant les années 1970, quelques marxistes ou se proclamant comme tels avaient forcé des milliers de personnes à les suivre en Algérie, à Tindouf. Il est fort probable que la Guerre Froide, et l'Algérie se trouvait dans le camp soviétique, avait tourné la tête à des jeunes voulant singer quelque héros d'Amérique Centrale. Ainsi l'idéologie semblait être à la base de leur action et la finalité le séparatisme.

Plus de trente ans d'immobilisme, de misère matérielle et intellectuel ont obligé le Polisario a abandonné relativement l'idéologie révolutionnaire pour une recherche effrénée de gains matériels. En effet grâce à l'efficace système de désinformation algérien, de nombreuses ONG se sont laissées convaincre de verser d'immenses sommes en argent ou en aliments à ce mouvement. Grâce à l'Algérie, le Polisario au lieu de tomber dans les poubelles de l'histoire, a glissé lentement, mais sûrement vers le «trabandoterrorisme ». C'est un processus normal si on analyse les guérillas d'Amérique du Sud qui sont devenues des « narcoterroristes» au moment où les gouvernements locaux ont plus ou moins réussi leur transition démocratique.

Tous ces groupes ont en commun un mépris du processus démocratique de leurs pays respectifs et le non respect de la légalité. Ainsi en 2008, Abdelaziz, le président du Polisario est devenu le plus grand responsable des violations des droits de l'homme en Afrique du Nord. Son jugement par une cour de justice international et neutre est une nécessité. L'expérience sud-américaine nous apprend qu'à défaut de cette démarche, l'évolution du Polisario sera fera vers un mouvement mafieux : trafics en tous genres, y compris le trafic d'armes, c'est là le sens du «trabandoterrorisme».

Le Polisario entre idéologie et violation des Droits de l'Homme
Opposer les ethnies :
Dès la fin des années soixante, le Polisario était devenu le bras armé du FLN algérien à la frontière marocaine et mauritanienne. Sa structure politico militaire et son discours socialisant ont inspiré de nombreux mouvements en Afrique. Des pays mal organisés ont vu comment des mouvements du même type, qui en se basant sur les inimitiés des différentes ethnies ont provoqué des guerres civiles meurtrières. Leurs anciens dirigeants sont actuellement en jugement devant la Cour Pénale Internationale.

Le Polisario en fournissant des armes à des mercenaires recrutés au Sahel, au Tchad et même au Soudan, leur fait croire que c'est là le seul moyen d'échapper à la misère. Une fois recrutés, ils doivent pour survivre à l'immobilisme s'adonner à toutes sortes de trafic au bénéfice du Polisario sinon c'est le suicide ou le peloton d'exécution.

Armes, drogues et manque de légitimité politique
Les factions somaliennes, malgré les efforts de l'armée éthiopienne profitent de cet état de non droit pour s'adonner à un trafic considérable d'armes et de drogues. Une partie de ces trafics prend la direction de l'Ouest vers le Soudan, Tchad et Sahel pour enfin atteindre le sud algérien où le Polisario capte une partie de ces marchandises illégales moyennant des règlements en espèces et une aide logistique fourni aux mafias locales. Certains rivages déserts de l'Afrique de l'Ouest risquent aussi de devenir des lieux de débarquement de drogues et d'armes. L'expérience sud américaine démontre que les organisations en perte de repères s'allient aux mafias pour se livrer aux trafics hautement rentables.
Pourquoi cette dérive en ce qui concerne le Polisario ? La réponse se trouve dans la ferme volonté du Maroc de défendre son territoire. Depuis une dizaine d'années, les avancées démocratiques du Maroc lui ont permis de regarder en face un passé douloureux en se basant sur la vérité et la réconciliation.

La lecture des rapports sur les droits de l'homme respectivement au Maroc et en Algérie de la FIDH est édifiant à ce sujet (www.fdh.org/article 5233 et 5235). Cet ONG constate que le Maroc fait des efforts considérables. Ainsi l'instance Equité et Réconciliation (IER) rend publique ses débats et ses décisions. L'abolition de la peine de mort fait partie des sujets abordés par la société civile. Toutes les allégations de torture sont impérativement examinées par la justice. Enfin en Afrique du Nord, le Maroc est le pays qui respecte le plus la liberté d'expression et de réunion.
En ce qui concerne l'Algérie, la FIDH souligne le maintien de l'Etat d'urgence depuis 1992 et constate que «l'Algérie demeure un pays où toute forme d'expression divergente est réprimée». Suit toute une série de remarques concernant les restrictions à la liberté d'association, de réunion et de manifestation. Déjà en 2004 la 32ème session du Tribunal permanent des peuples (héritier des Tribunaux Russel) avait attirée l'attention de la communauté internationale sur les violations des droits de l'homme en Algérie (www.ldh-toulon.net)

Ainsi le manque d'un Etat de droit en Algérie déteint sur le Polisario qui a perdu toute légitimité politique. Cependant en pratiquant encore l'esclavage des femmes noires, en envoyant des enfants marocains à Cuba et en détenant pendant plus de trente ans des prisonniers marocains, le Polisario s'est rendu coupable de crimes contre l'humanité (voir à ce sujet le déplacement d'une mission belge à Laayoune et refoulée par la suite de Tindouf en octobre 2007). Le Polisario –dans la même lignée que les Khmères Rouges- réprime, suspend les autorisations de sortie du camp et finit par enlever et assassiner des citoyens innocents. La gendarmerie algérienne a été ainsi obligée d'intervenir pour limiter les massacres car les jeunes « commencent à se fatiguer de la lutte et de la vie dans les camps» (www.csme.canalblog.com/archives) selon la déclaration de l'épouse de Abdelaziz elle-même. Dépourvue de légitimité interne, le Polisario s'accroche à l'Algérie qui tente de lui trouver une légitimité sur le plan international.

Pendant les années 1980 et 1990 des ONG en Europe et aux Etats-Unis ont cru à la propagande algérienne et ont compati avec le Polisario. Il a fallut un certain temps pour se rendre compte qu'il n'y avait aucune différence dans le comportement des «narcoterroristes» et les «trabandoterroristes».

Plus réalistes, les ONG des droits de l'homme du sud marocain ont fait part à l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) d'Amnesty international et à l'Human Rights Watch (HRW) au mois de décembre 2007 des violations graves des droits de l'homme dans les camps de Tindouf. Manifestement, le Polisario tente de manipuler des responsables des ONG et détourne effectivement l'aide international nécessaire aux camps. Cependant l'accusation la plus grave selon les ONG sahraouis est celle qui consiste pour le Polisario a s'arroger « depuis les années 1970 le droit de parler en leur nom sans leur laisser la liberté de choix alors qu'ils ne se retrouvent guère dans cette représentativité imposée…black out dans les camps de Tindouf, alors que la liberté de circulation est garantie au Maroc ».

Alger a poussé le Polisario malgré lui à assister aux négociations de Manhasset en lui suggérant que c'est là un moyen d'acquérir une légitimité internationale. Mais ce mouvement sait que ce n'est pas possible car sa base s'est effritée, la manipulation algérienne fonctionne moins bien malgré ses lobbys en Espagne et aux Etats-Unis. C'est cette question des droits de l'homme qui risque de provoquer une catastrophe au sein du mouvement.

L'American Council for Moroccan Pow's estime que pour faire avancer les négociations, toutes les questions des violations des droits humains commises à Tindouf doivent être au centre des négociations» (www.sahara-online.net). L'apport nouveau et fondamental de cette ONG américaine consiste à dire que l'Algérie est 'une partie prenante au conflit et elle doit placer les camps de Tindouf sous contrôle international» (CORCAS 7.2.8).
La recherche par le Polisario d'une légitimité internationale est une fois de plus remise en cause en ce mois de février 2008. L'Association des portés disparus du Polisario (APDP) a saisi Amnesty International sur le cas de sahraouis disparus (plus de 800 !). Par ailleurs l'APDP a aussi porté plainte en Espagne contre les dirigeants du Polisario et son ex-représentant à Madrid. Il n'est pas possible d'obtenir une légitimité internationale en étant à la base de la plus grosse prise d'otages de tous les temps.

Prise d'otages
En Amérique Latine, les FARC de Colombie se livrent au narcoterrorisme pour financer leurs activités et en même temps détiennent en otages leurs concitoyens. L'évolution de ce groupe qui a oublié l'idéologie marxiste n'est plus qu'un ramassis de mafieux et de trafiquants de drogue. Cependant le Polisario a fait plus, en effet les otages des FARC ne sont que quelques centaines de personnes, Tindouf en abrite des milliers et l'échange de visites résultant d'un accord avec le Maroc est constamment violé.

Ces affirmations seraient naïves si on ne tenait pas compte du fait que ces populations prises en otages sont une monnaie d'échange pour le Polisario. Il est clair que sur le terrain, l'exemple des FARC a démontré qu'il faut profiter des zones démilitarisées offertes par le gouvernement légitime pour y demeurer quitte à en être délogé par la suite. Le Polisario a fait de même à Tefaritti après l'accord de cessez le feu qu'il a violé et dont il devra un jour rendre compte et retourner en territoire algérien.
Ce genre de comportement est donc caractéristique de ces mouvements ayant perdu tout repère. C'est extrêmement dangereux car il impose la répression contre les civils ainsi que l'esclavagisme.

La contrebande et la répression comme réponse au déclin politique et militaire
Le Polisario a tenté d'appliquer une stratégie dictée par l'Algérie consistant à maintenir une guerre de basse intensité. Cependant trente ans d'immobilisme ont débouché sur une alliance « naturelle » avec les contrebandiers du Sahel. Le Polisario aura tendance à devenir une entreprise qui doit impérativement réaliser des bénéfices. Là aussi, le Polisario se dirige vers l'adoption d'un code de conduite semblable à celui des mafias. Il consiste à utiliser la peur et la terreur contre les populations civiles et à imposer la loi du silence sous un drapeau imaginaire.

A l'ouest, le contrôle territorial et l'interdiction maritime par le Maroc empêcheront les activités mafieuses du Polisario, cependant à l'Est la répression s'abattra toujours sur les otages détenus avec la complicité de l'Algérie.

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