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Sunday, January 09, 2011

ÉMEUTES DU SUCRE ET DE L’HUILESELON UN BILAN DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR: Trois morts et près de 400

Le premier mort a été déploré à Aïn Lahdjel, dans la wilaya de M’sila, le second dans la ville de Bou Ismaïl, dans la wilaya de Tipasa et le troisième a été enregistré à Tidjelabine, wilaya de Boumerdès.
Après un black-out total, qui a caractérisé les scènes d’émeutes nocturnes, ressemblant à un film dramatique à huis clos, le bilan est tombé hier, éclairant quelque peu ce qui s’est passé lors de ces trois derniers jours. «Trois personnes ont été tuées et environ 400 (dont 300 agents des forces de sécurité) ont été blessées depuis jeudi dans les actes de violence ayant touché plusieurs villes du pays», a déclaré hier, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia. «Le premier mort a été déploré à Aïn Lahdjel, dans la wilaya de M’sila. Il s’agit d’un jeune qui a été tué par balle, au moment où il tentait de faire intrusion dans un commissariat de police», a précisé M.Ould Kablia dans une déclaration à la Chaîne III de la Radio nationale. «Le deuxième mort a été enregistré dans la ville de Bou Ismaïl, dans la wilaya de Tipasa. Il est mort à l’hôpital des suites de blessures», a-t-il ajouté, précisant que «les conditions de cette mort restent à élucider. La troisième personne, décédée à Tidjelabine (Boumerdès), a été retrouvée calcinée dans un hôtel incendié par les émeutiers» a-t-il précisé. «Les actes de violence ont également fait 320 blessés parmi les forces de sécurité, y compris la police et la Gendarmerie nationale, et moins d’une centaine parmi les jeunes», a encore indiqué le ministre. Ainsi, 2 morts et près de 400 blessés ont été enregistrés, suite aux émeutes qui ont marqué le week-end. Cette situation chaotique, qui a vu les manifestants s’approcher même du Palais du gouvernement, touche actuellement plus de 20 wilayas à travers le territoire national. Toutes nos tentatives pour obtenir des informations des services de sécurité sont restées vaines. Selon les échos parvenant des différentes régions du pays, les affrontements d’une rare violence entre les manifestants et le CNS ont repris depuis la nuit d’hier à Alger, Annaba, Oran, M’Sila, Laghouat, Mostaganem, Sétif, Mascara, ainsi qu’à Tizi Ouzou, Boumerdès, Bouira ainsi qu’au sud du pays. Pendant tout ce temps-là, l’information «officieuse» a suppléé le vide sidéral laissé par l’information officielle. Selon certaines sources, il y aurait eu entre 3 et quatre morts. Informations que nous n’avons pu recouper faute de répondant des services de sécurité avec lesquels il nous a été impossible de prendre attache. La contestation a gagné le chef-lieu de la wilaya de M’sila se soldant par la destruction des institution publiques dont la direction de l’éducation, totalement saccagée. Une autre victime aurait succombé à ses blessures à Boumerdès. Nous n’avons pu confirmer cette information qui est donnée sous toute réserve. La gestion, purement sécuritaire des évènements, alimente davantage la psychose et l’inquiétude de la rue et donne libre cours aux rumeurs les plus folles. Selon une source sécuritaire, «la conjoncture actuelle, se trouve être une aubaine pour quelques firmes internationales des équipements paramilitaires». Ainsi, «une quantité importantes de près de 15.000 pistolets à impulsions électriques Taser made in Italia, sera importée ces jours-ci pour équiper les policiers», précise notre source.«Les conséquences de ces émeutes risquent tout bonnement d’amplifier le cercle de mécontentement», estiment des observateurs. «Ces émeutiers fustigés par ceux qui observent, avec angoisse et impuissance, ces scènes de destruction, identifiés comme voyous, habitant des baraquements, et autres localités chaudes seront à terme, rejoints par d’autres catégories par la grâce des pénuries et des tensions grandissantes», mettent en garde ces observateurs. Sur un autre plan, partiellement bloquée le premier port commercial du pays, déjà en bute aux multiples difficultés, se trouve totalement paralysé. Cette situation est exacerbée par les émeutes avec le risque de pénuries et des surcoûts très graves.
Mohamed BOUFATAH L'EXPRESSION 09-01-2011

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