Sunday, January 21, 2007

L'affaire Khalifa confirme que l'Algérie n'a fait aucun pas vers une démocratie réelle (LADH)

Les émeutes d'octobre 1988 avaient mis à nu le mode de gestion du pays et l'affaire Khalifa a confirmé que l'Algérie "n'a fait aucun pas vers l'installation d'une démocratie réelle", a affirmé le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme (LADH), M. Boujmaa Ghechir.
Selon le président de cette ONG, cité samedi par le quotidien El Watan, le scandale financier de Khalifa, qui se poursuit à Blida (50 km au sud-ouest d'Alger), interpelle tous les Algériens pour édifier un Etat des institutions avec une justice indépendante, une société civile autonome et surtout un système d'intégrité dont le pays a besoin.
Dans le même ordre d'idées, M. Ghechir déplore l'absence d'une volonté politique réelle pour lutter contre la corruption, estimant, à propos de la nouvelle loi contre ce fléau, qu'au contraire celle-ci "encourage la corruption parce qu'elle évite de préciser comment sauvegarder le patrimoine public".
La loi sur la corruption "encourage" également les responsables à ne pas déclarer leur patrimoine et à fuir certaine situation, a-t-il ajouté, soulignant que dans la plupart des grosses affaires se dissimulent des prête-noms utilisés par de hauts responsables de l'Etat. Comment expliquer que Abdelmoumen Khalifa devienne milliardaire à 36 ans?", s'est-il exclamé.
Commentant les informations rapportées par des observateurs selon lesquelles il y a une direction préétablie qui désigne des lampistes et épargne les décideurs, le président de la LADH a relevé que la juge (qui préside les séances), est "liée par un arrêt de renvoi qui définit les inculpés et les chefs d'inculpation et elle est tenue de respecter son contenu".
Soulignant que l'affaire Khalifa a démontré également que le pouvoir de l'argent l'emporte sur le pouvoir politique, le président de la LADH se demande si l'Algérie ne se dirige pas vers un "Etat de la mafia" lorsque des ministres vont "mendier" des billets d'avion et des personnes achètent des voix pour entrer au Sénat.
Le parti du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) considère, pour sa part, que les vrais coupables dans l'affaire Khalifa n'ont pas été convoqués, estimant que ce procès est entaché de politique allié aux pertes économiques.
Réagissant au déroulement du procès, le RCD, cité samedi par le quotidien arabophone +Ech-chourouk El Yaoumi+, se demande comment peut-on convaincre les observateurs et les partenaires économiques de cette fuite de fonds importants à l'étranger à l'insu des autorités. Pour le RCD, le procès Khalifa n'est ni plus ni moins qu’"un règlement politique" sans désigner réellement les vrais coupables.
Le quotidien +Algérie News+ publie, quant à lui, les résultats d'un sondage faisant ressortir qu'une majorité de l'opinion publique algérienne ne croit pas en ce procès tant que le principal accusé Abdelmoumen Khalifa ne vient pas à la barre expliquer et révéler les noms des instigateurs de ce scandale financier.
Dans un éditorial sur "L'Algérie en stand-by", le journal +El Watan+ écrit que la vie institutionnelle du pays semble suspendre son cours depuis l'ouverture de ce procès et après les révélations faites par les accusés quant à l'implication de hautes personnalités que la justice aura à confirmer ou à infirmer.
Le procès, qui se déroule à Blida, ajoute le journal, s'est transposé sur la place publique donnant lieu à un tribunal populaire parallèle qui a déjà jugé et prononcé son verdict dans cette affaire en réclamant des têtes couronnées : les puissants soutiens qu'auraient apporté les hautes sphères à Khalifa, sans lesquels l'empire de ce dernier n'aurait pas existé.
L'éditorialiste relève ensuite que les cercles du pouvoir sont inquiets car des noms de personnalités non cités dans l'arrêt de renvoi sont balancés par les accusés, ajoutant que les effets de l'affaire Khalifa sur la vie nationale se font déjà lourdement sentir.
"La vie politique et institutionnelle, économique, voire sportive, est entrée depuis le début du procès dans une profonde léthargie", fait-il remarquer, soulignant que le pays entier est en stand-by: les entreprises et organismes dont les responsables sont mis en cause dans l'affaire Khalifa, le monde sportif, les hauts responsables de l'Etat impliqués à un titre ou à un autre, les "intouchables" qui ne savent pas combien de temps durera "leur immunité". "Qui a dit que le groupe Khalifa n'était pas un Etat dans un Etat ?", s'interroge en conclusion le journal.
Le quotidien Français Le Monde , daté de samedi, rapporte que le procès Khalifa met en cause des responsables politiques algériens, relevant que les audiences ont établi que des dirigeants d'organismes publics et des ministres faisaient antichambre chez Rafik Abdelmoumen Khalifa pour profiter de ses libéralités.
Ce procès met au jour la gestion fantaisiste de la banque Khalifa, mais il n'apporte pas de réponse à la question qui taraude les Algériens: comment une telle escroquerie a-t-elle pu durer trois ans et demi?, note le quotidien pour qui, l'opinion algérienne a du mal à croire que cela a pu être possible sans protections politiques
(Alger, 20/01/07 MAP)

Saturday, January 20, 2007

Nouveau visage du terrorisme islamiste: une filliale algérienne d'AL QAEDA

Jusqu’aux deux attentats aux camions piégés dans les banlieues d’Alger, le 29 octobre, l’Algérie avait connu son mois de Ramadan le moins violent depuis quinze ans, avec vingt-sept morts, contre trois cents en moyenne dans les années 1990. Le ralliement du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à Al-Qaida inquiète néanmoins, et d’abord en France, qualifiée d’« ennemi numéro un ».
Par Mathieu Guidère
Dans une vidéo diffusée le jour anniversaire des attentats du 11-Septembre, M. Ayman Al-Zawahiri, numéro deux d’Al-Qaida, annonçait une « bonne nouvelle » : le rattachement officiel à Al-Qaida d’une organisation algérienne connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). La France, qui se targue pourtant de n’avoir pas, en Irak, suivi les Etats-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme », était clairement désignée comme une cible, au même titre que les Etats-Unis : « Cette union bénie sera un os dans la gorge des croisés américains et français (...) et fera naître la peur dans le cœur des traîtres et des fils mécréants de France. »
L’émir algérien du GSPC, M. Abou Moussab Abdel Wadoud, répondait à M. Al-Zawahiri dès le lendemain par la publication d’une lettre d’allégeance, dans laquelle il promettait de suivre M. Oussama Ben Laden « jusqu’au martyre ». Il y détaillait les raisons qui l’avaient conduit à se rallier à Al-Qaida : sa ligne est « conforme au Coran et à la tradition du Prophète », « ses fatwas sont conformes à la charia », « sa politique est sage et bien guidée ». Mais surtout, dit-il, « nous avons entière confiance en la foi, la doctrine, la méthode et le mode d’action de ses membres, ainsi qu’en leurs chefs et leaders religieux ».
Ce ralliement illustre une dynamique plus large, qui définit le nouveau visage mondial du terrorisme islamiste : l’articulation de groupes armés disposant d’un fort ancrage local à un vaste réseau transnational, un phénomène dans lequel Al-Qaida, aussi affaiblie soit-elle d’un point de vue opérationnel, joue le rôle de référent symbolique et dont le conflit irakien constitue le principal catalyseur. Malgré les succès proclamés par les services de sécurité, l’influence d’Al-Qaida n’a jamais été si forte, et son emprise idéologique sur les mouvements radicaux dans le monde musulman n’a cessé de croître. Jusqu’ici, le Maghreb était resté relativement à l’abri de cette mouvance globale ; mais, avec le rattachement officiel du GSPC, la donne est en train de changer.
Le GSPC a été créé à la fin des années 1990 par des dissidents du Groupe islamique armé (GIA) algérien, responsable des attentats terroristes de 1995, à Paris. Il a désigné la France, maintes fois, comme son « ennemi numéro un », et plusieurs cellules de sympathisants ont été démantelées à temps durant les dernières années, en France et ailleurs en Europe. Malgré les tentatives d’infiltration et de manipulation par les services algériens (1), le GSPC demeure très actif au Maghreb en général et en Algérie en particulier, où il semble être parvenu à faire avorter le processus de réconciliation nationale inauguré par la charte adoptée en septembre 2005, à laquelle il s’est montré d’emblée hostile.
Alors que celle-ci devait permettre de rétablir la paix dans le pays, un an plus tard ses résultats sont limités. Certes, « plus de deux cent cinquante terroristes » ont déposé les armes et « plus de deux mille islamistes » ont été amnistiés en application de ses dispositions. Mais le ministère de l’intérieur algérien révèle, dans le même temps, que, « sur une année, environ cinq cents terroristes ont été abattus ou capturés par les forces de sécurité (2) ». Le GSPC – toutes factions confondues – a revendiqué quant à lui, entre le 1er janvier et le 30 septembre 2006, une centaine d’opérations, presque toujours meurtrières, dans diverses régions du pays : attaques contre des postes de police ou de gendarmerie, des unités de l’armée en patrouille, des fourgons blindés, assassinats ciblés, recours aux mines antipersonnel.
Parallèlement, le GSPC a tâché d’inscrire son action dans une dimension plus internationale. Il n’a pas manqué une occasion de faire connaître sa position, que ce soit concernant la situation en Afghanistan, en Tchétchénie, au Liban, en Somalie ou au Soudan. Surtout, il a cherché assidûment à se placer sous la bannière d’Al-Qaida, et donc à remplir les « conditions » d’un tel rattachement. L’émir du GSPC a lui-même fait état, dans son communiqué de ralliement, de « tractations et de discussions intenses qui ont duré près d’un an ». Ainsi, le GSPC n’a pas été admis au sein d’Al-Qaida par simple opportunisme, mais à l’issue d’un long rapprochement entre les deux organisations. C’est là que le conflit irakien a joué un rôle déterminant à la suite de l’amorce d’un dialogue avec Al-Qaida au « pays des deux fleuves » (la Mésopotamie) et de la reproduction du modèle offert par cette organisation.
Sur les sites internes fréquentés par les partisans et les sympathisants du djihad, plusieurs messages adressés par le commandement d’Al-Qaida ont félicité le GSPC pour son « action djihadiste » en Algérie. Le tournant s’est confirmé quand, en juin 2005, le GSPC a reproduit une lettre émanant du « chef de la division média d’Al-Qaida », M. Abou Maysara Al-Iraki, félicitant le GSPC pour son « opération victorieuse » menée peu avant en territoire mauritanien contre une caserne des forces de sécurité. C’était là la première action d’envergure du GSPC chez les voisins de l’Algérie. D’autres actions du même type amèneront du reste M. Ben Laden lui-même à faire l’éloge des « moudjahidins algériens ».
La France dénoncée
En juillet 2005, le GSPC a de son côté félicité Al-Qaida en Irak pour avoir capturé des diplomates algériens, Ali Belaroussi et Izzedine Belkadi. Dans son communiqué, il appelait même à « appliquer le jugement de Dieu sur eux », c’est-à-dire à les exécuter. Le mois suivant, l’émir Wadoud réitérait son soutien à l’assassinat de ses compatriotes.
Depuis, les deux organisations terroristes semblent être sur la même longueur d’onde. A la mi-août 2005, un communiqué d’Al-Qaida était repris par le GSPC et adressé aux « jeunes de la nation » pour rejoindre « le djihad contre les renégats en Algérie ». Et, fin août 2005, Al-Qaida fustigeait dans un message de rappel l’« opposition de la France croisée au voile musulman ». Dans la foulée, le GSPC publiait, en français et en arabe, sur tous les forums et sites Internet islamistes, un appel incitant les Algériens vivant sur le territoire français à « apporter leur soutien à leurs frères moudjahidins en Algérie ». La France y était dénoncée pour son aide au régime du président Abdelaziz Bouteflika, et le GSPC appelait ses sympathisants à la « vengeance ».
L’année 2006 voit le renforcement des liens entre les deux organisations. Des communiqués concordants ou concomitants concernent divers événements internationaux (Tchétchénie, Afghanistan, Soudan, Liban). La mort d’Abou Moussab Al-Zarkaoui en Irak, le 7 juin 2006, donne lieu à un long communiqué de condoléances de la part de l’émir du GSPC. En retour, dans une lettre de remerciement, M. Al-Iraki félicite M. Wadoud pour sa « communication efficace pour la mobilisation de la nation en faveur du djihad ».
Ce message renvoyait à une recommandation faite par Al-Qaida début 2006 aux responsables du GSPC, leur rappelant l’importance de la propagande. Le développement des moyens de communication adéquats s’est révélé, par la suite, l’aspect le plus flagrant d’un alignement du GSPC sur les pratiques d’Al-Qaida. Plusieurs innovations majeures méritent d’être signalées.
Au cours des derniers mois, le GSPC a d’abord mis en place une liste de diffusion régulière et sécurisée sur laquelle il fournissait le relevé de ses opérations, ses communiqués de revendication, ainsi que ses documents officiels audio et vidéo. D’abord mensuelle, cette liste est rapidement devenue hebdomadaire. Son contenu est repris intégralement par les autres listes de diffusion islamistes, preuve que le GSPC a intégré le cercle très fermé des groupes djihadistes reconnus à l’échelle du monde musulman et non plus seulement à l’échelle locale.
De plus, imitant les publications de l’insurrection irakienne et en particulier celles d’Al-Qaida en Irak, le GSPC a relancé dans la foulée son magazine intitulé Al-Jamaa (« Le groupe »). Il s’agit d’un mensuel d’une trentaine de pages, qui s’inspire désormais des rubriques et de la mise en forme des magazines d’Al-Qaida en Irak et du groupe Ansar Al-Sunna. Le n° 6 d’Al-Jamaa, par exemple, compte trente-six pages et traite aussi bien des opérations internes du GSPC que des événements en Irak, au Maroc ou en Tchétchénie. Le magazine publie de larges extraits d’avis des maîtres à penser du salafisme (doctrine rigoriste et passéiste de l’islam dont est dérivé le djihadisme). Largement diffusé sur les forums d’Internet, il possède des relais efficaces qui permettent de le retrouver sur plusieurs sites du réseau mondial aussi bien en Europe que dans le monde musulman.
Depuis janvier 2006, le groupe algérien a également fait de gros efforts pour proposer aux internautes un site complet et mis à jour. En raison des attaques continues des services de sécurité, ce site a changé plusieurs fois d’adresse et n’est plus accessible que par intermittence. A la date du 10 septembre 2006, le compteur du site affichait quatre-vingt-cinq mille visiteurs, avec une moyenne de plus de dix mille visiteurs par mois.
Dans la rubrique consacrée à la « doctrine » figure un texte écrit par l’une des figures de proue de l’islamisme radical au Proche-Orient, M. Abou Mohammad Al-Makdissi, emprisonné en Jordanie depuis plusieurs années. La « doctrine » inscrit notamment le GSPC dans le sillage du Groupe de l’unicité et du djihad fondé et dirigé par Al-Zarkaoui, avant son allégeance à M. Ben Laden et sa nomination à la tête d’Al-Qaida en Irak.
Depuis la mort d’Al-Zarkaoui, les principaux chefs du GSPC ont veillé, à travers une série d’entretiens disponibles sur le site Internet du groupe, à justifier leurs positions extrêmes, notamment en ce qui concerne les attentats contre les civils. Ils y manifestent également une radicalisation au niveau idéologique et théologique avec un glissement du salafisme vers le djihadisme et le « martyre » face aux infidèles. Cette évolution ne les place pas encore au niveau d’intransigeance atteint par Al-Qaida en Irak, mais les signes d’un alignement prochain sont perceptibles, en particulier dans les récents documents vidéo du groupe algérien.
La vidéo est l’innovation majeure du GSPC au cours des derniers mois. Imitant la propagande d’Al-Qaida en Irak, le groupe algérien a mis sur pied un comité des médias (Lajna I’lamiyya) et exigé de tous ses commandants de filmer leurs opérations, de jour comme de nuit. Cette médiatisation des actions aurait galvanisé les combattants et redonné un nouveau souffle à un groupe isolé dans le désert et les montagnes d’Algérie.
En trois mois, deux vidéos ont été mises en ligne. La première dure à peine un quart d’heure et ne contient que le compte rendu filmé d’un seul commandant du GSPC. La réaction des internautes a été sans concession : le film est jugé « vide », « nul », et souvent comparé défavorablement aux chefs-d’œuvre de propagande produits par Al-Qaida en Irak. La seconde vidéo, diffusée début septembre 2006, a témoigné de progrès considérables. Elle dure une heure et demie et comprend des images plus dures et des actions plus spectaculaires. Se présentant comme une compilation d’opérations perpétrées aux quatre coins de l’Algérie, elle donne, de par la diversité même des opérations, l’impression d’une omnipotence du GSPC.
Bien que ces vidéos montrent toujours un GSPC victorieux, des pertes dans ses rangs sont reconnues – et c’est là que se ressent un glissement vers la doctrine du « martyre » d’Al-Qaida. Les films rendent compte d’une initiation spirituelle préalable au combat et glorifient les combattants morts, rappelant étrangement les films des « martyrs d’Al-Qaida », tournés à l’occasion de chaque attentat-suicide d’envergure en Irak. Même si, pour l’heure, le GSPC n’a revendiqué aucune opération de ce type en Algérie, la courbe empruntée par sa propagande tend vers cette forme de terrorisme suicidaire et spectaculaire qui constitue la marque de fabrique d’Al-Qaida.
Cela est d’autant plus inquiétant que le comité des médias du GSPC a emprunté tous les chants de guerre et la plupart des accompagnements sonores utilisés par Al-Qaida en Irak pour appuyer son propre message. Il a également adopté la technique des aveux filmés et des exécutions sanguinaires.
La dynamique d’internationalisation se perçoit également dans les profils des combattants décrits dans ces vidéos. Un reportage vante les qualités d’un certain Mounir le Tunisien, à la tête du camp d’entraînement du GSPC en Algérie. Un autre est consacré à une opération commune avec les « moudjahidins de Mauritanie ». L’Union du Maghreb arabe trouve son illustration dans une scène de liesse au cours de laquelle fraternisent des djihadistes algériens, marocains, tunisiens, libyens et mauritaniens, avec comme fond sonore les chants d’Al-Qaida qui résonnent dans le no man’s land du Grand Sahara.
(Mathieu Guidère,LE MONDE DIPLOMATIQUE)

Friday, January 19, 2007

Des éléments du "polisario" impliqués dans une tentative de trafic de 4.600 kg de drogue

Les forces de sécurité mauritaniennes ont réussi jeudi à mettre la main sur une importante quantité de drogue (4.600 kg), après avoir mis en échec une grande opération de trafic de stupéfiants dans laquelle sont impliqués des éléments du polisario, dans la région de Zouerate (à 820 km au nord-est de Nouakchott), apprend-on vendredi de source sure.
Citant l'enquête préliminaire des services de sécurité locaux, la même source a indiqué que des éléments du "polisario", venus du territoire algérien à bord de véhicules 4X4, se rendaient, de manière fréquente, à l'endroit où était cachée la marchandise dans la localité de Fdirik, à une vingtaine de kilomètres de Zouerate.Ces agissements ont fait naître des doutes chez les employés d'une société australienne de prospection minière qui ont vite fait d'alerter les autorités compétentes, a-t-on poursuivi, notant qu'au cours de leurs visites récurrentes, les éléments du polisario s'employaient à enterrer les quantités de drogue emballées dans 36 caisses.Cette alerte a amené les autorités militaires mauritaniennes à fouiller dans la région. C'est ainsi qu'elles ont découvert la drogue bien dissimulée sous des dunes de sable.Les personnes impliquées dans cette opération étaient sur le point d'entamer la phase d'écoulement de la drogue dans les pays de la région, à partir du port de Nouadhibou et des points frontaliers avec le Sénégal.Dans une autre affaire de trafic de stupéfiants, les autorités mauritaniennes ont arrêté la semaine dernière un élément du polisario après la saisie d'une quantité estimée à 232 kg de drogue qui a été ensuite détruite dans la ville de Zouerate.La région de Zouerate, connue par le calme et les coutumes de sa population opposée à la criminalité, est le théâtre, depuis un certain temps, d'activités suspectes commises par des réseaux mafieux relevant des milices du polisario, notamment les trafics de drogue et d'être humains, l'organisation de l'immigration clandestine et la revente des produits de l'aide internationale détournés des camps de Tindouf.
(map 19/01/07)

Thursday, January 18, 2007

Tindouf : le rapport qui accable

Alger Deux rapports d'inspection du PAM et du HCR montrent comment les aides aux populations sahraouies ont toujours été détournées. Le Croissant-Rouge algérien est accusé de manquer de transparence. Deux rapports des inspections générales du PAM (Programme alimentaire mondial) et du HCR (Haut commissariat aux réfugiés) ont été, pour beaucoup, dans la révision à la baisse des volumes d'aides humanitaires destinées aux camps de Tindouf. Ces deux rapports confidentiels remettent les choses au point concernant le sort réservé à ces aides humanitaires, la mauvaise gestion des organes chargés de leur distribution et l'opacité qui entoure toutes les opérations depuis l'arrivée des aides au port d'Oran jusqu'à la livraison à Errabouni. Les deux rapports réservent une bonne partie au CRA (Croissant-Rouge algérien) accusé de "taxer" le PAM qui ne dispose même pas de la qualité d'importateur "duty free" en Algérie. Une fois à Oran, relèvent les deux documents, les aides sont acheminées à Errabouni. "Pour une période maximale de cinq jours de trajet, certains véhicules mettent parfois entre 15 et 49 jours", souligne le rapport de l'inspection générale du PAM. Une fois à Errabouni, les aides sont livrées au CRS (Croissant-Rouge sahraoui) qui est très peu regardant côté documents légaux. Les aides sont distribuées aux populations sans que ces dernières signent en contrepartie. Elles ne disposent pas non plus de cartes de rationnement et les standards du PAM subissent de graves transgressions, notamment pour ce qui est de l'absence du panier d'aides. Dans les stocks, maintenus dans l’état d'anarchie, les responsables du Polisario procèdent à un "mélange des aides" de manière à ce que l'on ne distingue plus les aides du PAM de celles des autres donateurs. La même confusion, relèvent les deux rapports, est constatée chez le CRA qui traite avec une trentaine de donateurs étrangers. Cet organe algérien est accusé de solliciter un double financement pour le même projet, lit-on dans le rapport du HCR. Ces deux rapports accusent ouvertement les Algériens travaillant pour le compte des organismes onusiens de détournement et relèvent le manque de contrôle qui devient la règle en Algérie. Le rapport du PAM va encore plus loin pour parler de "différences inexplicables" entre le volume des denrées distribuées et celles en stocks et qui atteignent parfois des seuils allant jusqu'à 30 %. C'est ainsi que, rien que lors d'une vérification opérée en 2005, les contrôleurs du PAM s'étaient aperçus de la disparition de plus de 15.000 litres d'huile végétale. Alors que le sort de gigantesques quantités de lait en poudre et de légumineuses reste inconnu. Le PAM relève aussi que les espaces réservés au stockage n'obéissent à aucun contrôle et qu'il était devenu habituel de découvrir que la totalité des containers étaient souvent décadenassés. Pour les auteurs de ces rapports, les aides détournées finissent sur les marchés algériens et mauritaniens et ne portent pas uniquement sur les denrées alimentaires. Les deux rapports laissent supposer que les aides détournées finissent par bénéficier aux responsables du Polisario et notamment au cercle proche de Mohamed Abdelaziz."C'est une situation anormale et unique dans l'histoire du HCR", lit-on dans le rapport de cet organe onusien qui relève l'interdiction qui lui a toujours été signifiée (par Alger) de procéder à un recensement exact des populations de Tindouf et évaluer, de cette manière, le volume des aides nécessaires. Toutefois, le HCR, dans son rapport d'enquête, dit s'en tenir à une estimation de 90.000 personnes au lieu du chiffre de 156.000 personnes avancé par Alger.Mohamed Abdelaziz ordonne le verrouillage des campsLes familles sahraouies marocaines séquestrées dans les camps de Tindouf, au Sud de l'Algérie, viennent d'être privées d'autorisations de sortie des camps sur ordre de Mohamed Abdelaziz, chef des séparatistes du Polisario. Selon le Comité spécial chargé du Sahara marocain en Europe (CSSME), cet ordre a été donné à l'issue d'une réunion marathonienne de 15 heures, au cours de laquelle Mohamed Abdelaziz a ordonné aux responsables de cette entité (Polisario) de veiller à la suspension totale des autorisations de sortie des camps. «Si le mouvement de retour au Maroc se poursuit à la cadence actuelle, les camps se videraient», a-t-il admis.
(ALM 18/01/2006)

Wednesday, January 17, 2007

Les séquestrés des camps de Tindouf privés d'autorisations de sortie sur ordre de Mohamed Abdelaziz (CSSME)

Les familles sahraouies marocaines séquestrées dans les camps de Tindouf, au sud de l'Algérie, viennent d'être privées d'autorisations de sortie des camps sur ordre de Mohamed Abdelaziz, chef des séparatistes du "polisario".
Selon le Comité Spécial chargé du Sahara Marocain en Europe (CSSME), cet ordre a été donné à l'issue d'une réunion marathonienne de 15 heures, au cours de laquelle Mohamed Abdelaziz a ordonné aux responsables de cette entité (polisario) de veiller à la suspension totale des autorisations de sortie des camps. "Si le mouvement de retour au Maroc se poursuit à la cadence actuelle, les camps se videraient", a-t-il admis.
Anticipant les conséquences dangereuses d'une telle décision sur les populations séquestrées dans les camps de Tindouf, le Comité a adressé une lettre au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) pour réclamer "une intervention urgente" car "cette suspension s'ajoute au cortège des souffrances infligées au quotidien à ces populations, aggravant leurs conditions faites de privations de toutes sortes, de brimades et d'intimidations sans fin, sous l'oeil des autorités algériennes".
Pour apporter tout l'éclairage nécessaire et fournir davantage d'informations sur cette situation, le Comité demande à être reçu au siège du HCR et à tenir une réunion avec le Haut Commissaire de l'organisation onusienne avec pour objectif de mettre fin aux souffrances des séquestrés.
Le Comité dénonce, par ailleurs, les traitements inhumains systématiques dont sont victimes ces populations et demande la levée du blocus imposé aux camps de Tindouf, ainsi que les détournements de l'aide humanitaire dévoilés par plusieurs rapports d'ONGs humanitaires et le refus d'effectuer un recensement de ces populations demandé à plusieurs reprises par le Comité, le HCR et par d'autres organisations des droits de l'homme dont Amnesty International.
(Genève 17/01/07 -map)

Tuesday, January 16, 2007

Les investisseurs fuient l’Algérie

Le rapport annuel de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) classe l’Algérie parmi les pays les moins attrayants pour les investissements directs étrangers.Comparativement aux autres pays de la région, l’Algérie n’attire pas suffisamment d’investissements étrangers directs (IDE). C’est le constat établi par le rapport annuel de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Évaluant le montant des investissements étrangers directs de l’Algérie entre 2005 et 2006 à un milliard de dollars, le rapport estime que ce chiffre reste très éloigné des seuils enregistrés par les pays d’Afrique du Nord comme le Maroc et la Tunisie.La CNUCED a, par ailleurs, révélé une nette augmentation de la valeur des investissements étrangers directs vers six pays africains pétroliers. Atteignant les 15 milliards de dollars, ces investissements représentent environ 48% de la valeur globale des IDE destinés à l’Afrique. Par apport à des pays comme l’Egypte, le Nigeria, la Guinée équatoriale ou encore le Tchad, l’Algérie n’a pas bénéficié de cette augmentation. En comparant les volumes d’investissements étrangers des pays africains, le rapport indique que l’Algérie se classe encore parmi ceux qui n’exploitent pas leurs capacités. Selon des statistiques de l’organisation mondiale, ce pays est classé loin derrière des pays comme l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Nigeria, qui ont attiré plus de 3 milliards de dollars entre 2005 et 2006.En Algérie, les hydrocarbures sont le secteur principal d’investissements, suivis des télécommunications, la pharmacie et des autres services. Les secteurs industriels ne reçoivent qu’une part de l’intérêt des investisseurs étrangers. Ceci est dû à plusieurs facteurs, notamment la bureaucratie algérienne, la complexité du système financier et les difficultés d’accès à la propriété foncière.Les considérations sécuritaires, bien que déterminantes en matière d’IDE, n’expliquent pas à elles seules cette position. En effet, comme le révèle le rapport, des pays instables comme le Tchad et l’Angola ont pu réaliser des scores meilleurs.Par ailleurs, le rapport de l’OCDE signale que les flux d’investissements étrangers directs dans la région de l’Afrique du Nord ont connu une évolution significative. Les pays du Maghreb ont ainsi attiré 13 milliards de dollars en 2005 (le Maroc a réalisé 2,9 milliards de dollars en 2005 et 2,3 milliards durant l’année écoulée), selon le rapport.L’Egypte a attiré des investissements de l’ordre de 5,3 milliards de dollars, le Soudan 2 milliards et le Nigeria 5,4 milliards, niveaux qui se justifient, pour ces deux derniers pays, par leur potentiel énergétique.Le pétrole maudit L’envolée des cours du pétrole a permis à l’Algérie d’engranger, encore cette année, des recettes record. Le pays avait affiché 45 milliards de dollars d’exportations d’hydrocarbures sur les dix premiers mois de l’année 2006. Et pourtant, le malaise social frappe presque l’ensemble de la population. Les professionnels de l’ensemble des secteurs se plaignent de la détérioration de leur condition de vie. À se demander où va l’argent de l’or noir
(Rachid Abbar avec Agences )

"La première dame des camps de Tindouf" brocarde la jeunesse desdits camps et tire sur les épouses des chefs d'Etat africains

"La jeunesse des camps de Tindouf manque d'enthousiasme, ne montre aucun intérêt pour la lutte et n'a qu'une passion les affaires". Ce n'est pas un journal marocain qui le dit, encore moins un responsable de notre diplomatie. Cet aveu d'une évidence notoire a été lâché, lors d'un entretien avec un journal espagnol, par "la première dame des camps de Tindouf", l'épouse de Abdelaziz El-Marrakchi, chef d'une "république" qui siège en république algérienne, mais aussi, et surtout, fille d'un officier des renseignements algériens.
Cette dame a eu au moins le mérite d'intégrer pour un moment l'exigence de la vérité.Pour la première fois en effet, un responsable des locataires de Tindouf ne botte pas en touche, ne marche pas sur les oeufs. Elle a plutôt dit vrai, nous faisant grâce -cerise sur le gâteau- de l'outrance dans la parole et de la langue de bois, deux ingrédients de la lourde diplomatie du parrain, une diplomatie qui tire sans discontinuer sur le voisinage et, bien au-delà, sur l'idéal Maghrébin.
Dire que l'odeur de l'appât de gain rode dans les camps de Tindouf, qu'elle s'y sent à pleines narines est une réalité. Nul ne peut en discuter l'évidence -un vrai foutoir qui symbolise fort bien le sens profond de cette célèbre maxime- : "quand la morale fout le camp, le fric cavale derrière".
La quasi-totalité des responsables du polisario ont fait fortune dans des conditions de rapidité dignes des jeux olympiques, avec des athlètes dopés. Il l'ont fait sur un territoire désertique, totalement inhospitalier sauf pour quelques espèces de reptiles, dépourvu de toute infrastructure, rebelle à toute ébauche d'activité économique : une véritable odyssée qui a une seule explication, à savoir que les responsables du polisario ont, en lieu et place du cerveau, un porte-monnaie.
C'est cette culture du gain rapide et illicite, de l'enrichissement sans cause, de détournements en tout genre, des dessous de table et de la surfacturation qu'ils ont inculquée à cette jeunesse, à laquelle "la première dame des camps" reproche son affairisme elle, qui ne vit pas la dure réalité des camps. Algérienne, elle ne vit pas non plus les affres de l'otage continuellement encerclé, en permanence épié avec comme seul décor des sentinelles doigts sur la gâchette et des miradors tous projecteurs activés.
"La première dame des camps" et son groupe sont manifestement mal inspirés de verser des larmes de crocodile sur une situation qu'ils ont eux-mêmes créée et entretenue et dont ils offrent par ailleurs un si triste exemple. Ils ne doivent pas se plaindre du comportement d'une jeunesse à laquelle ils n'ont cessé d'injecter, au fil du temps, un venin moralement mortifère.
Pour ces responsables, la question du Sahara n'est qu'un fonds du commerce, un flux de devises et de marchandises qui s'amplifie au fur et à mesure qu'augmente l'aide internationale quémandée à tour de bras au nom d'une population qui n'a plus qu'un seul souhait : fuir cet enfer de Tindouf, une prison pour les uns, un mouroir pour les autres.
Bref ! Quand "la première dame des camps" parle de "sa" jeunesse, c'est assurément un non évènement. C'en est un par contre, injurieux celui-là, quand dans ce même entretien, elle s'attaque ouvertement à toutes les épouses des chefs d'Etat africains. Ces épouses, dit-elle, "ne savent que marcher comme des oiseaux sur les tapis rouges et arborer beaucoup de bijoux".
Aux premières dames d'Afrique d'apprécier ce "verdict" de la première dame du néant, annoncée en 2005 comme propriétaire de 3 appartements à Madrid, alors que le chef des séparatistes, faute de banque, gère personnellement le "trésor" de "sa république" alimenté par le détournement des aides humanitaires internationales
(map 16/01/2007)

Monday, January 15, 2007

Khalifa : le mystère demeure entier

Le procès du groupe Khalifa continue à mettre à nu les défaillances du système bancaire algérien. Néanmoins, il n’a pas permis de jeter la lumière sur le système de prévarication auquel ces défaillances ont donné lieu. L’affaire Khalifa, à l’origine du plus grand scandale financier ayant secoué l’Algérie, continue par ses révélations à mettre à nu les mécanismes du système bancaire algérien. Au tribunal criminel de Blida (sud d’Alger) où se déroule le procès de l’ancien groupe, l’audition d’Akli Youcef, ex-caissier principal d’El Khalifa Bank, a résumé, à elle seule, la situation anarchique de la gestion de l’établissement bancaire.Akli Youcef a précisé qu’il recevait tous les fonds en dinars et en devises collectés à travers les autres agences d’Alger, qu’il les comptait avant de les mettre dans le coffre et que tous les montants étaient mentionnés dans un registre. Mais les sorties de fonds, elles, ne sont pas comptabilisées. «Par téléphone. Il (Abdelmoumen Khalifa) me dit de préparer 10 millions de dinars. Dans 15 minutes, ils sont mis dans une ch’kara (sachet). Quand il vient, il les trouve prêts et les prend», a expliqué Akli Youcef. Abdelmoumen Khalifa, l’ex-P-DG de l’empire Khalifa, demeure le grand absent de ce procès impliquant une centaine de personnes poursuivies pour « association de malfaiteurs, vol qualifié, escroquerie, abus de confiance et falsification de documents officiels». Actuellement, il vit à Londres. Et depuis le début du procès, la presse algérienne n’a cessé de s’interroger sur les raisons de son absence et pourquoi il n’a pas été extradé vers l’Algérie. Suite à ces interrogations, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé qu’il n’a y pas de «blocage» dans l’extradition demandée par Alger de l’ancien patron du groupe Khalifa. «Le traité d'extradition, paraphé entre l'Algérie et la Grande-Bretagne, a pris en considération le volet ayant trait à l'extradition d'Abdelmoumen Rafik Khalifa», a-t-il affirmé dans une déclaration à l’Agence algérienne de presse APS. «Il faut attendre maintenant la décision de la justice britannique», a-t-il ajouté. Dimanche, le quotidien "El Watan" s’est intéressé à un autre absent : Abdelouahab Karmane, ex-gouverneur de la Banque d’Algérie. « À qui profite le silence de Abdelouahab Karmane ? », s’interroge le journal. Ce dernier et son frère Abdennour, ancien ministre de l’Industrie ainsi que sa nièce, Yasmine, ex-responsable de l’antenne italienne du groupe Khalifa, ont décidé de boycotter le procès de Blida. « Les frères Karmane possèdent-ils des informations que l’opinion algérienne ignore ?», s’interroge "El Watan". «La manière avec laquelle ils mettent au défi la justice algérienne ouvre - c’est inévitable - la voie à des questions sur la démarche, choisie dès le départ, pour gérer le dossier Khalifa», observe la publication. "El Watan" n’exclut, d’ailleurs, pas que cette affaire ne soit «une variante d’un scénario dont le but "stratégique" serait simple à détecter : éviter que des choses dérangeantes soient dites devant les juges et devant la société algérienne».
(agences)

Polisario : Ghali s'en prend à Abdelaziz et El Bouhali

Rien ne va plus au sein de la direction du Polisario. Lors d'une dernière réunion, tenue au début de cette année 2007 à Bir Lehlou, Brahim Ghali, représentant des séparatistes en Espagne, s'en est violemment pris à Mohamed Abdelaziz le traitant d'impuissant face aux diktats de Mohamed Amine El Bouhali. De sources informées, on apprend que ce dernier avait menacé de torpiller le prochain congrès du Polisario (le 11ème prévu en octobre 2007) si Mohamed Abdelaziz accordait aux combattants les deux tiers des sièges réservés aux congressistes. Le chef des séparatistes avait l'habitude de noyauter les congrès du Polisario de militaires déguisés en civil. Il aurait, pour 2007, ordonné une forte augmentation de leurs émoluments.
(ALM 15/01/2007)

Saturday, January 13, 2007

Le GSPC Algérien s’infiltre en Tunisie

Selon un quotidien tunisois, la bande armée impliquée dans des affrontements meurtriers qui ont eu lieu en Tunisie serait liée au GSPC algérien.La bande armée impliquée dans des affrontements meurtriers fin décembre et début janvier en Tunisie s’est infiltrée d’Algérie et serait liée au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), a affirmé jeudi le quotidien tunisois pro-gouvernemental Echourouk.Des accrochages ont opposé cette bande aux forces de sécurité les 23 décembre et 3 janvier au sud de Tunis et se sont soldés par la mort de 12 personnes et 15 arrestations, selon les autorités qui n’ont donné aucun détail sur l’identité des personnes impliquées ni sur la nature de leurs projets.«Tous les éléments de la bande armée se sont infiltrés, par petits groupes, à travers la frontière algérienne», a affirmé Echourouk citant des «sources bien informées».La bande est «apparentée à un groupe salafiste s’activant sous diverses appellations» au Maghreb, poursuit ce journal arabophone privé, mentionnant le Groupe salafiste algérien pour la prédication et le combat (GSPC). Il désigne aussi le Groupe islamique combattant marocain (GICM) pour souligner que ces «groupes opérant au Maghreb recrutent des jeunes Maghrébins pour les entraîner à perpétrer des attentats dans leurs pays» respectifs. Le GSPC et GICM sont des groupes terroristes liés à Al-Qaïda, qui a déjà revendiqué en Tunisie l’attaque contre une synagogue de Djerba (sud) qui avait fait 21 morts, dont 14 touristes allemands, le 11 avril 2002. Echourouk assure en outre que «les éléments de la bande armée étaient contrôlés dès le départ par la sécurité tunisienne», réfutant des informations de presse selon lesquelles le groupe armé avait été découvert "par surprise" grâce à l’alerte d’un commerçant qui les approvisionnait en pain. Ce même quotidien avait indiqué mardi que le chef de la bande, Lassad Sassi, ancien gendarme tunisien, est mort des suites de ses blessures après avoir été capturé lors d’un violent accrochage le 3 janvier à Soliman (40 km au sud de Tunis). Le quotidien français "Libération" avait été le premier à révéler le 5 janvier le nom de Lassad Sassi, indiquant qu’il s’agit d’un ancien gendarme tunisien, qui serait passé par l’Afghanistan et l’Algérie. L’hebdomadaire tunisien privé Réalités reprenait à son tour jeudi la même thèse d’un groupe salafiste apparenté au GSPC algérien, en critiquant sévèrement le manque de données officielles crédibles sur les affrontements. Sans démentir ces informations, une source officielle a assuré jeudi à l’AFP que les autorités allaient incessamment communiquer les conclusions d’une enquête en cours, Tunis ayant évoqué jusqu’ici «un groupe de dangereux criminels».Les origines du GSPC Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) est un des derniers groupes armés terroristes d’Algérie. Il a été fondé en 1998 par Hassan Hattab, en dissidence du Groupe islamique armé (GIA), qu’il jugeait trop sanguinaire. Le groupe serait composé de 300 à 600 personnes au maximum, essentiellement dans l’est du pays, mais il serait aussi présent dans le centre et le sud. Il se démarque du GIA en élargissant la lutte au domaine international : France, Mauritanie. Le groupe est soupçonné d’avoir préparé un attentat contre la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg et le Marché de Noël en décembre 2000. L’un des fondateurs du GSPC, Ahmed Zarabib a trouvé la mort le 17 janvier 2006 au cours de violents affrontements avec l’armée algérienne dans la région de Toudja.
(ALM)

Friday, January 12, 2007

L’Algérie exhume ses vieux démons

Anouar Haddam, ancien dirigeant du Front islamique du salut (FIS), réfugié aux Etats-Unis, a annoncé vouloir créer un nouveau parti politique, le Mouvement pour la liberté et la justice sociale (MLJS). Décidément, les anciens dirigeants du Front Islamique du Salut (FIS, parti dissous) semblent bien déterminés à revenir à la vie publique en dépit de l’interdiction du gouvernement algérien. Après l’ex-numéro 2 Ali Belhaj, qui avait revendiqué à maintes reprises son droit d’exercer la politique, c’est au tour d’Anouar Haddam de sortir de l’ombre en annonçant la création d’un nouveau parti politique. Le parti s’appelle Mouvement pour la liberté et la justice sociale (MLJS). L’ex-responsable de la délégation parlementaire du FIS à l’étranger se dit vouloir «participer au règlement de la crise politique» en Algérie. Selon la presse algérienne, Anouar Haddam, exilé aux Etats-Unis, affirme que parti s’est fixé comme objectif de «contribuer à la réussite d’une véritable réconciliation nationale et à sa promotion, enterrer les haines, tourner la page du passé et ouvrir une nouvelle ère pour sortir de la crise (…) en vue d’instaurer de sécurité, la stabilité, la liberté, la justice sociale et le développement» dans le pays.L’annonce d’Anouar Haddam de créer son propre parti coïncide avec la commémoration du 15ème anniversaire de la démission de Chadli Bendjedid de la présidence de la République après que le FIS ait remporté les élections législatives.«Hormis la référence à l’opposition à l’arrêt du processus électoral, l’initiateur du mouvement, qui a revendiqué les attentats du boulevard Amirouche n’évoque ni l’ex-FIS ni ses dirigeants. Ce qui donne à son projet l’aspect d’une initiative personnelle», souligne le quotidien "Liberté". Dans une lettre, dont le contenu a été relayé par le journal "El Khabar", Anouar Haddam a appelé le président de la République Abdelaziz Bouteflika à tenir un congrès fédérateur en faveur de la réconciliation nationale. Il a également appelé les forces et personnalités nationales à «intensifier le travail loin des comptes et des agissements politiques, pour parvenir à un accord national pour rétablir les équilibres nationaux actuels».Anouar Haddam figurait parmi les élus du FIS au premier tour des législatives de décembre 1991, avant l’annulation du processus électoral. Il est considéré comme l’un des «durs» du mouvement, et un proche du Groupe islamique armé (GIA). D’ailleurs, il a, plusieurs fois, revendiqué ou approuvé les actions du GIA depuis Washington. L’ancien dirigeant du FIS avait été condamné par la justice algérienne à la prison à perpétuité pour avoir créé un réseau d’information hostile au pays et pour trafic d’armes. Ces derniers temps, M. Haddam avait déclaré avoir l’intention de retourner en Algérie. Mais récemment, et dans un entretien au quotidien "El Khabar", il a affirmé que cette décision a été reportée pour des raisons inconnues. Il a souligné que des milieux du pouvoir étaient opposés à ce retour, sans toutefois les spécifier.La charte pour la paix et les islamistes En élaborant la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le président algérien Abdelaziz Bouteflika voulait à la fois enterrer un dossier épineux, celui de la décennie noire, mais aussi et surtout rallier à ses côtés les anciens dirigeants du FIS. Rien de cela n’est fait. Au contraire, Ali Belhadj, Abassi Madani et compagnie n’ont cessé de monter au créneau exigeant leurs implications dans la vie politique qu’ils considèrent comme un droit constitutionnel. Pire encore, l’insécurité en Algérie augmente de jour en jour et le GSCP, qui rejette catégoriquement la fameuse charte, multiplie les actions terroristes. Des actions qui n’épargnent aucune région du pays.
(ALM 12/01/2006)

Wednesday, January 10, 2007

Arrestation à Nouakchott de trois membres du GSPC Algérien

Les services de sécurité mauritaniens ont arrêté lundi trois membres du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien après leur infiltration dans la capitale mauritanienne.Selon des sources proches des services de sécurité mauritaniens, les trois personnes arrêtées sont de nationalité mauritanienne et s'activent au sein du GSPC algérien impliqué dans une attaque armée contre la base militaire "Lamghiti" au nord de la Mauritanie en juin 2005.Les mis en cause, qui se sont infiltrés lundi à l'aube à Nouakchott, ont été aussitôt interpellés sur la base d'informations des services de renseignement.Les nouveaux détenus seraient impliqués dans l'attaque sanglante contre la base militaire de "Lamghiti" qui a fait plusieurs morts et blessés parmi les éléments de cette base.Depuis avril 2005, les autorités mauritaniennes ont arrêté près de 20 activistes du GSPC, dont deux Algériens.
(agences 10/01/2007)

Les Algériens exportent leur menace en Europe : La France prend au sérieux le GSPC

«Ces menaces sont prises au sérieux, elles sont analysées par les services compétents qui traitent des questions de renseignement», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. «Nous suivons de très près le GSPC et ce qui touche aux activités de ce groupe (…) Nous prenons les menaces terroristes très au sérieux d’où qu’elles viennent» a-t-il déclaré.
Il n’a toutefois pas voulu donner plus de précision, faisant valoir que «cela touche à des questions de renseignement, et, sur ces questions-là, nous restons habituellement très discrets». Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères n’a pas fait état d’un renforcement à ce stade des conseils à la sécurité aux Français résidant en Algérie.
Selon le Quai d’Orsay, environ 40 000 Français, dont de nombreux binationaux, sont enregistrés auprès des services consulaires français en Algérie. Combattez les Français et les agents des croisés Après avoir affiché son refus à l’offre de réconciliation faite par le président de la République Abdelaziz Bouteflika dans le cadre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le chef du GSPC, Abou Moussab Abdel Ouadoud, alias «Abdemalek Droukdal», est revenu à la charge en menaçant les ressortissants étrangers en Algérie et réitérant sa position de ne pas répondre favorablement à l’appel de l’Algérie pour la réconciliation.
Pour des observateurs avertis, le message du GSPC, paru sur des sites Internet domiciliés au Moyen-Orient, témoigne de la véritable propagande que souhaite mener l’organisation El-Qaïda d’Oussama Ben Laden, en utilisant ses réseaux terroristes.
Puisque cette organisation consacre, selon une source sécuritaire internationale, «80 % de ses efforts pour la propagande et la sensibilisation des jeunes musulmans dans le monde». Surtout que la région du Moyen-Orient vit actuellement une situation politique caractérisée par la présence des croisés sur des terres arabes.
(le jeune indépendant 10/01/2007)

Tindouf : Les jeunes Saharouis Marocains refusent l’embrigadement

Khadija Hamdi, épouse du chef des séparatistes Mohamed Abdelaziz, est catégorique : les jeunes des camps de Tindouf se désintéressent de plus en plus du Polisario. Ils commencent, selon elle, à se lasser de la vie dans ces camps où la répression et les violations flagrantes des droits humains sont monnaie courante.Dans un entretien publié lundi par le journal espagnol «Levante» de Valence, Khadija Hamdi a eu le courage et l’honnêteté d’avouer, sans détours, que les jeunes des camps de Tindouf manquent d’enthousiasme face aux causes du Polisario et « commencent à se fatiguer de la lutte et de la vie » dans ces geôles à ciel ouvert caractérisées par des conditions carcérales sordides et ignobles. L’épouse du chef des mercenaires qui vient d’achever une visite d’une semaine dans la région de Valence (Est de l’Espagne) a affirmé qu’«aujourd’hui, un jeune de 15 ans n’a pas la même conscience que ses prédécesseurs, ni les mêmes objectifs que ceux de ses parents, ni les mêmes préoccupations». «Aujourd’hui, a-t-elle poursuivi, ils (les jeunes) ont leurs propres passions pour les affaires, la communication et les voyages». Même si elle a omis, peut-être par pudeur, de parler des restrictions draconiennes imposées aux populations, elle a eu au moins le mérite de préciser « que beaucoup de choses manquaient » dans ces camps où les aides humanitaires de la communauté internationale sont détournées par les dirigeants des séparatistes qui se livrent également aux trafics d’armes et d’êtres humains. Face à cette situation dramatique, le Comité spécial chargé du Sahara marocain en Europe a appelé lundi la Cour européenne des droits de l’Homme à intervenir d’urgence pour mettre fin au calvaire des populations séquestrées à Tindouf. Ce comité dénonce, dans une lettre adressée au président de la Cour européenne des droits de l’Homme, la suspension des autorisations de sortie des camps de la honte, les traitements dégradants que subissent les Marocains séquestrés à Tindouf et le refus de leur recensement, ainsi que le détournement de l’aide humanitaire. «Cette situation accentue davantage les souffrances de ces familles séquestrées à ce jour dans ces camps sur le sol algérien et aggravent les conditions dramatiques et inhumaines dans lesquelles elles vivent», déplore El Hassane Benhammou, président du Comité spécial chargé du Sahara marocain en Europe. Il appelle également à une solidarité internationale et à une mobilisation de toutes les forces vives soucieuses du respect des valeurs universelles des droits de l’Homme en vue de mettre fin à cette situation. Ce comité avait adressé récemment des lettres à la Commission européenne et au Parlement européen les priant d’agir pour éclairer l’opinion publique internationale sur la situation des séquestrés de Tindouf et contribuer activement à la levée du blocus imposé aux populations qui y sont enfermées arbitrairement. Les déclarations de Khadija Hamdi au journal espagnol viennent ainsi corroborer le malaise et la psychose qui se sont installés dans les camps de Tindouf et qui se sont traduits par l’interférence des autorités algériennes dans la gestion de ces camps. Les nouvelles en provenance de Tindouf font d’ailleurs état de la prise de contrôle directe du camp dit «Dakhla» par la gendarmerie algérienne, qui s’est substituée aux milices du Polisario. Pour de nombreux observateurs, ces mesures découlent de la perte de confiance placée naguère par les autorités algériennes dans ces milices.
(lavantes journal espagnol 10/1/2006)

Tuesday, January 09, 2007

Algérie: ouverture du procés de l'affaire Khalifa

L’ex-chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, a été demandé à la barre en tant que témoin par l’un des avocats de la défense. “L’affaire Khalifa a éclaté alors que M. Ouyahia était en poste. Son intervention aujourd’hui est plus que vitale pour connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire.” Ce à quoi la juge répondra qu’il n’est pas cité dans l’ordonnance, mais “si nous jugeons que son témoignage peut apporter des éclaircissements à cette affaire nous lui ferons appel. La loi est au-dessus de tous”, rétorquera la magistrate. Cette attitude lui vaudra l’acclamation de toute la corporation des avocats.
Le procès tant attendu de l’affaire Khalifa s’est ouvert hier au tribunal criminel près la cour de Blida. Jamais cette instance juridique n’a connu autant de monde depuis son ouverture et la salle d’audience, malgré son élargissement par l’ajout de plusieurs autres sièges, s’est avérée, en définitive, trop petite pour contenir toutes les personnes présentes. C’est à 9h30 que le tribunal, dirigé par la juge Mme Brahimi Fatiha, s’est ouvert. Journalistes et photographes y étaient en force. Ils étaient autorisés à prendre des clichés sauf à l’intérieur de la salle. Et c’est par l’appel nominatif des prévenus que la juge ouvre l’audience. En sus des sept accusés en fuite, force est de constater l’absence à l’appel des trois Keramane poursuivis en criminel dans cette affaire. Il s’agit de Keramane Abdelwahab, ex-gouverneur de la Banque d’Algérie, Keramane Abdenour, ex-ministre de l’Energie du temps du gouvernement de Ghozali et Keramane Yasmine, fille de ce dernier et ex-responsable de l’agence d’Airways à Rome. Autrement, tous les prévenus, notamment ceux qui ont fait l’objet de prise de corps avaient répondu présents à l’appel. En somme, ils seront 94 à être appelés à la barre des accusés. Les 10 autres seront jugés par contumace. Toutefois, l’assistance sera surprise de voir, lors de l’appel des témoins, des personnages du monde sportif à l’exemple de Saïd Allik (USMA), Medouar Abdelkrim (ASO), Belloumi Lakhdar, ancien joueur international, Hannachi Mohand Cherif (JSK) et même le commentateur de la chaîne III, Maâmar Djebour. Parmi les personnalités politiques et syndicales citées, mais qui ne se sont pas présentées, l’on peut noter Aboudjerra Soltani et Abdelmadjid Sidi Saïd. A leur sujet, la juge dira : “Si le tribunal aura besoin expressément de leur témoignage, la cour les fera parvenir quitte à utiliser la force publique.” Pour annoncer ensuite, “l’actuel ministre des Finances, M. Mourad Medelci est ci-présent dans la salle pour ceux (avocats, ndlr) qui veulent interroger, mais nous préférons qu’il commencera à s’y présenter à partir de samedi prochain”. Même M. Tebboun Abdelmadjid, ancien ministre de l’Habitat, s’est présenté à la juge en tant que témoin. A son sujet, cette dernière dira qu’il est à la disposition du tribunal au même titre que M. Leksassi, actuel gouverneur de la Banque d’Algérie dont “le témoignage est très important”, insistera la présidente du tribunal, d’autant “qu’il apportera des éclaircissements en matière de technique de gestion”. Viendra ensuite l’appel des victimes. Elles sont au nombre de 300. Ce sont les OPGI qui en constitueront le plus grand nombre du fait que les représentants de toutes les wilayas du pays y avaient répondu présent à l’appel. Ce n’est qu’à 13h que la liste des prévenus, témoins et victimes sera passée en revue. “Les prévenus non détenus peuvent quitter la salle à la suspension de l’audience et revenir demain”, s’adressera la juge aux mis en cause présents dans la salle. Quant à ceux ayant fait l’objet de prise de corps, ils seront tenus à y rester. A ce propos, Me Djamel Boulefrad interviendra au nom de tout le collectif des avocats pour demander la levée des prises de corps. “Ils présentent tous (les prévenus, ndlr) des garanties de représentation et s’ils sont venus d’eux-mêmes, hier, ils pourront le faire durant tout le déroulement du procès”, argumentera-t-il. La demande laissera la juge perplexe, car il faut le dire c’est une lourde responsabilité à assumer surtout que déjà au premier jour d’audience, trois prévenus, les Keramane en l’occurrence, ont fait défaut. C’est dire que le premier jour du procès du siècle, comme il plaît à beaucoup de l’appeler, s’est terminé avec la lecture d’une partie de l’ordonnance de renvoi, celle relative à la chambre d’accusation près la Cour suprême. La présidente du tribunal a jugé utile d’éviter toute une litanie à l’assistance arguant que l’essentiel y est dit. Autrement, le greffier aura à lire plus de 170 pages. Il est important de signaler que deux magistrats supplémentaires ainsi que deux jurés ont été désignés pour assurer la continuité au cas l’un des composants du tribunal ferait défaut surtout que le procès durera plus de 15 jours. M. B.
Abdelmoumen Khalifa, premier prévenu appelé à la barreAbdelmoumen Khalifa, P-DG du groupe qui porte son nom et actuellement en fuite, a été le premier prévenu à être appelé à la barre par la juge, Mme Brahimi Fatiha. Aucun avocat ne s’étant constitué à sa place, la juge a été contrainte de poursuivre l’appel des autres prévenus. Ceci fera dire à un autre avocat, que sans la présence du principal accusé beaucoup de non-dits entacheront ce procès.
Deux jurées refusées par le Procureur général Le procureur général de l’audience du procès Khalifa a refusé deux jurées tirées au sort. Les avocats de la défense ne manqueront pas de dire que quand bien même il a le droit de récuser ou d’accepter les jurées telles que lui confère la loi, “nous aurions préféré qu’une jurée en soit désignée, pour faire l’équilibre”.
La naissance du groupe Khalifa au menu d'aujourd'hui Le procès d’aujourd’hui sera consacré à la naissance du groupe Khalifa, a annoncé la juge avant de clore la première journée du procès. Ceci est motivé pour des besoins de clarté quant à la genèse de l’affaire et l’éclatement du plus grand scandale qu’a connu l’Algérie depuis l’indépendance. “Il nous est tenu de revenir aux premiers balbutiements de cette affaire pour mieux comprendre et suivre le procès”, dira-t-elle.
(le soir d'Algérie 9/1/2007)

Algérie: du conflit armé à la violence sociale .Difficile réconciliation nationale

Chaque semaine, plusieurs émeutes éclatent dans différentes régions d’Algérie. Hausse des prix, chômage, corruption, les sujets de mécontentement sont innombrables, malgré le pactole amassé grâce à la manne pétrolière. Le retour à la paix civile et l’amnistie, décidée par le gouvernement de M. Abdelaziz Bouteflika malgré de nombreuses oppositions, n’ont pas permis au pays de sortir de la crise globale dans laquelle il s’est enfoncé depuis plusieurs années.
Malgré quelques attentats à l’intérieur du pays, mais de plus en plus rares, le conflit meurtrier opposant l’armée aux islamistes est bel et bien terminé, remporté par les militaires, qui n’avaient pas lésiné sur les moyens pour écraser leurs adversaires. Afin de tourner définitivement la page, les autorités ont soumis à référendum le 29 septembre 2005 un projet de « réconciliation nationale », officiellement approuvé par une majorité écrasante d’électeurs. Celui-ci a trouvé un prolongement réglementaire dans l’ordonnance et les décrets promulgués le 28 février 2006, avec deux objectifs : la prise en charge financière des parents des victimes des deux bords, et l’amnistie des membres des services de sécurité accusés de violations des droits de la personne ainsi que des membres des groupes armés impliqués dans des actes terroristes.
Ces textes constituent la réponse finale du régime aux demandes de vérité et de justice des familles de disparus et des organisations de défense des droits de la personne. Ces dernières ne cessent de rappeler que les crimes contre l’humanité commis durant cette période ne peuvent être effacés par une argutie juridique ou par un référendum. La réaction des principales organisations non gouvernementales (ONG) internationales (Amnesty International, Human Rights Watch, Centre international pour la justice transitionnelle et Fédération internationale des ligues des droits de l’homme) n’a pas tardé. Dans une déclaration datée du 1er mars 2006, elles soulignent qu’« un référendum comme celui qui s’est tenu le 29 septembre 2005 ne doit pas être le moyen pour le gouvernement de se soustraire à ses obligations internationales en adoptant une législation nationale qui y contrevient ». Pour ces organisations, les textes en question contredisent sur plusieurs points les traités internationaux que l’Algérie a souscrits.
Dans un communiqué publié à Alger le 7 mars 2006, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) est encore plus sévère. Elle rappelle que « les crimes contre l’humanité (...) sont imprescriptibles, non amnistiables et non susceptibles d’extinction d’action publique (...). Par conséquent, les actes de finalisation sont nuls en tant qu’ils heurtent la Constitution et les instruments contraignants et opposables à l’Algérie qui fondent la justice universelle ».
L’arsenal juridique dénoncé par les ONG vise aussi à faire cesser toutes les activités des associations de familles de disparus (estimées entre dix mille et vingt mille), décrétées illégales depuis le 28 février 2006. En effet, l’un des nombreux articles dispose que « toute déclaration écrite, ou autre acte, utilisant ou instrumentalisant les blessures de la tragédie nationale pour porter atteinte aux institutions, fragilisant l’Etat, nuire à l’honorabilité de ses agents (...) ou pour ternir l’image de l’Algérie sur le plan international » est illégale et que leurs auteurs s’exposent dorénavant à des poursuites judiciaires.
Le public a accueilli avec indifférence la promulgation de ces textes, mais les opinions s’exprimant en privé sont partagées. Si certains souhaitent tourner la page du conflit, dont ils veulent effacer les atrocités de leur mémoire, d’autres estiment qu’il faut prendre en compte la douleur des familles et cesser de croire que celle-ci pourrait prendre fin avec des compensations financières. Cependant, les médias de masse (radios et télévision, tous sous tutelle publique) ne sont ouverts qu’à la première opinion. Seuls quelques timides commentaires de journaux privés émettent des doutes sur le bien-fondé de la position des autorités, à l’instar d’un article d’Adlène Meddi dans El Watan qui relève la contradiction entre l’article 46 de l’ordonnance du 28 février 2006 et l’article 36 de la Constitution garantissant la liberté d’expression des opinions (1).
Si l’Algérie était un Etat de droit, le Conseil constitutionnel rejetterait cette disposition de l’ordonnance pour non-conformité à la Loi fondamentale et, de ce fait, la considérerait comme nulle et non avenue, ce qui rétablirait les associations de familles de disparus dans leur droit de continuer à protester et à manifester.
Interdiction de porter plainte
Connaissant la détermination des ONG de défense des droits de la personne et leur influence sur les institutions internationales, les généraux du département de renseignement et de sécurité (DRS) ont pris les devants pour rendre difficile une éventuelle enquête sur les crimes commis dans les centres de torture. Selon la publication Nord-Sud - Risques internationaux, généralement bien informée, le DRS a procédé, en février 2006, à un large mouvement de personnel, particulièrement celui du centre territorial de recherche et d’investigation (CTRI) de Blida – cité par toutes les ONG comme un haut lieu de tortures et d’exécutions extrajudicaires au cours des années de la « sale guerre ». Selon un déserteur ayant été en poste, M. Abdelkader Tigha, c’est là qu’aurait été planifié l’enlèvement des moines de Tibéhirine en mars 1996.
Les nouveaux textes, ajoute la publication, interdisent aux Algériens de porter plainte contre des membres des services de sécurité, mais rien n’empêche des étrangers de le faire. C’est ce qui s’est passé à Paris, où une plainte a été déposée en décembre 2003 par la famille de l’un des moines assassinés, le père Christophe Lebreton. Elle a donné lieu en février 2004 à l’ouverture d’une information judiciaire, qui pourrait déboucher – si la justice française ose aller jusqu’au bout – sur la mise en examen de plusieurs officiers ayant exercé à Blida.
Un tel procès, s’il venait à se tenir, ruinerait les versions officielles de certains des massacres perpétrés entre 1994 et 1997, et encouragerait les ONG internationales à demander des enquêtes approfondies en vue de la traduction de certains généraux devant un tribunal pénal international ad hoc, à l’instar de ceux sur la Yougoslavie et le Rwanda (2). Afin d’éviter un tel scénario, l’Algérie se rapproche des Etats-Unis, pour qui elle représente un partenaire privilégié dans la lutte antiterroriste. Elle renforce aussi ses relations commerciales avec la Russie, à qui elle vient d’acheter des avions militaires pour la somme de 3,7 milliards de dollars. Quant à la France, elle s’apprête à signer avec elle un traité d’amitié qui devrait être accompagné de clauses non écrites.
L’armée est sortie politiquement affaiblie d’un conflit qui l’a coupée de la population. Depuis plus de quatorze ans, il n’y a pas eu un seul défilé militaire, comme lors des fêtes nationales du 5 juillet et du 1er novembre. Les militaires en permission ne sortent désormais plus en uniforme. A l’inverse, bien que battus militairement, les islamistes continuent de marquer le paysage urbain, imposant à la société une religiosité qui contraste avec la dureté de la vie quotidienne.
Les militaires sont arrivés à bout de l’islamisme armé, mais l’islamisme – ou ce qu’Olivier Roy appelle le néofondamentalisme – est plus présent que jamais (3). Un islamisme bigot, moins agressif qu’au début des années 1990, s’est installé dans la ville, visible dans le comportement et dans l’accoutrement de certains jeunes. Il semble accompagner une « économie de bazar » qui s’est emparée des rues et des ruelles des villes, grandes et moyennes, où se vendent et s’achètent des produits divers, allant du sous-vêtement féminin au dernier-né des téléphones portables. Le discours officiel n’invoque plus le socialisme ni la justice sociale. La politique économique, au vu des produits disponibles sur le marché, est au libéralisme ou plutôt au mercantilisme. Une véritable frénésie commerciale agite le pays.
A Oran, un quartier entier, la ville nouvelle, s’est transformé en un immense souk à ciel ouvert, envahissant trottoirs et chaussées. Des produits en tout genre, en provenance des pays du Sud-Est asiatique, y sont vendus. Pour s’y frayer un chemin, il faut jouer des coudes dans la foule compacte. « Faites du commerce et pas de politique » semble être le slogan du régime, qui a trouvé dans le trabendo (commerce informel) un exutoire pour occuper des milliers de jeunes.
Les islamistes semblent avoir capté le message et se sont reconvertis en masse dans le business. Pour se justifier, ils aiment répéter que le Prophète était commerçant et qu’il recommandait aux croyants de s’enrichir de manière légale. Il est vrai que le droit musulman ne condamne pas la spéculation, qui porte pourtant atteinte au pouvoir d’achat des plus démunis. Cette évolution vers l’« islamobusiness » n’est pas propre à l’Algérie. Patrick Haenni a observé ce même phénomène en Egypte (4).
Le commerce formel ou informel offre des possibilités de revenus à des jeunes fuyant le chômage, enjeu d’une véritable bataille de chiffres. Les autorités évaluent le chômage à 13 %, mais, selon Mme Louisa Hanoune, députée du Parti des travailleurs, il atteindrait 30 %. Les pourcentages de l’Organisation internationale du travail (OIT) et du Fonds monétaire international (FMI) sont encore différents : 29,5 % en 2000, 23,7 % en 2003 et 17,7 % en 2004. L’Etat a incité les jeunes à créer leur propre entreprise, en mettant à contribution les banques sollicitées pour financer des projets d’activité présentés par les moins de 30 ans. A l’exception de quelques rares petites entreprises qui ont réussi, le gros des demandes concernaient le financement de pizzerias, de cybercafés et de « call box ». La formule a vite atteint ses limites, en l’absence d’une véritable politique économique à l’échelle nationale.
Ne croyant plus au changement, ni par la violence ni par les urnes, les Algériens semblent fuir la politique, même s’ils se plaignent de la cherté de la vie et de la violence urbaine. « Tout est disponible sur le marché, mais les prix sont dissuasifs », soupire un fonctionnaire à la retraite, mon voisin de fortune dans un taxi qui ramasse les clients allant dans la même direction. « Heureusement, ajoute-t-il, que deux de mes enfants sont dans le business et m’aident à joindre les deux bouts. » Avec une parité très faible du dinar (1 euro vaut à peu près 100 dinars), le pouvoir d’achat des couches sociales à revenus fixes (ouvriers, employés, fonctionnaires...) s’est effondré. Un enseignant du secondaire perçoit l’équivalent de 160 euros par mois ; un professeur d’université, en dispensant des heures supplémentaires, atteint les 500 euros.
Cette situation a donné naissance, depuis le début des années 2000, à des syndicats autonomes, hostiles à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), seul syndicat officiellement reconnu, accusé d’être aux ordres du gouvernement. Ils exigent que les salaires soient portés au niveau de ceux de leurs collègues de Tunisie et du Maroc. « Il n’est pas normal qu’un professeur marocain touche cinq fois plus qu’un professeur algérien, alors que le PNB algérien est dix fois supérieur au PNB marocain », explique un syndicaliste du Conseil national de l’enseignement supérieur (CNES), syndicat largement représentatif mais non reconnu par les autorités. « Nous sommes décidés, ajoute-t-il, à aller jusqu’au bout dans nos revendications parce que beaucoup d’entre nous épuisent leur salaire dès la deuxième semaine du mois. Nous ne demandons pas des augmentations pour acheter des livres, c’est devenu un luxe, mais pour manger et faire manger nos enfants. » Ces jeunes syndicalistes évaluent désormais leur pouvoir d’achat en monnaie internationale (en général, en euros).
Le gouvernement est sensible à leurs revendications mais estime que, s’il leur donnait satisfaction, tous les fonctionnaires leur emboîteraient le pas. Pour prévenir les mécontentements dans la police et dans les autres services de sécurité dont le régime dépend, le gouvernement va donner un statut particulier à ces personnels appartenant à la fonction publique. L’objectif est d’augmenter leurs traitements sans que les autres fonctionnaires de l’Etat demandent à bénéficier d’une mesure similaire. Lorsque cette réforme entrera en vigueur, le salaire d’un policier, avec les primes, dépassera celui d’un médecin d’hôpital ou celui d’un professeur d’université.
Pour M. Ali Laskri, secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), qui nous reçoit au siège du parti, « le régime est arrivé à éliminer ses adversaires par la répression et par la cooptation de faux acteurs politiques qu’il a mis en scène, mais il est sérieusement menacé par les revendications salariales ; le front social risque d’entrer en ébullition à tout moment. Des syndicalistes représentant la base et non reconnus par leurs autorités de tutelle viennent au siège du FFS pour demander de l’aide et des conseils. A travers leurs plaintes se lit une détresse indicative de la paupérisation des classes moyennes, à l’image des enseignants ».
Entre 1988 et 2000, la valeur du dinar par rapport au dollar a été divisée par dix, ce qui a permis au gouvernement de rétablir les équilibres budgétaires au détriment du pouvoir d’achat. Si elle sauve les finances de l’Etat, cette dévaluation a permis d’imposer une forte compression de la demande sociale des catégories les plus démunies.
Un préfet écarté
L’augmentation des prix des hydrocarbures a donné naissance à une nouvelle classe d’affairistes, qui s’est enrichie à travers deux canaux : l’importation de marchandises des pays du Sud-Est asiatique et les spéculations sur le foncier périurbain cédé par l’Etat à des sommes dérisoires et revendu à des prix astronomiques. Cette nouvelle classe, ayant des soutiens dans les cercles occultes du pouvoir réel, a compris que les banques algériennes ne sont que des « comptoirs de paiement du Trésor public (5) ». Elle y puise, sur intervention, les capitaux pour financer ses activités, utilisant l’argent public pour amasser des fortunes privées, dont une partie est transférée en Europe.
El Watan-Economie, autorisé comme les autres journaux à ne parler que des effets et non des causes, titre à la « une » de son édition du 15 janvier 2006 : « Argent public : c’est l’anarchie ». L’éditorial, signé Akli Rezouali, déplore cette situation en ces termes : « Détournements, gabegies, allocations inconsidérées de ressources publiques sont autant de maux qui rongent depuis nombre d’années l’économie nationale. L’argent public, bien de la collectivité, est géré dans l’opacité par les institutions de l’Etat. »
L’augmentation des prix du pétrole a aiguisé l’appétit de ces milliardaires qui corrompent agents de l’Etat, membres des services de sécurité et magistrats pour parvenir à leurs fins, offrant non des dinars mais des milliers d’euros (6). Parmi les nouveaux milliardaires, il y a beaucoup d’islamistes affichant un « apolitisme » qui plaît au régime. « Ces milliardaires, explique un journaliste d’Oran, sont devenus une véritable puissance qui domine l’administration de l’Etat désormais à leur service. Le précédent wali d’Oran, M. Abdelkader Zoukh, l’a appris à ses dépens quand il s’est opposé à l’un de ces milliardaires. Il a été muté par le gouvernement à l’intérieur du pays en août 2005. »
A tort ou à raison, la vox populi dans la ville a pris fait et cause pour ce wali que les Oranais semblent avoir en estime. « Il avait commencé à nettoyer la ville et à remettre en état les chaussées et les trottoirs, s’indigne un chauffeur de taxi véhément. Mais Bouteflika et la mafia qui l’entoure n’aiment pas les walis honnêtes. Pourtant, nous avons tous voté Bouteflika par deux fois, surtout à Oran. Résultat des courses, il nous a trahis. » La maladie du président, transporté en urgence au Val-de-Grâce, à Paris, en novembre 2005, a pris de court les généraux. Ils se sont réunis pour la première fois depuis 1998 en conclave pour évoquer la succession (7). Selon un article paru dans un journal marocain, le conclave aurait mis en valeur deux hommes : le général Mohamed Médiène, dit Tewfik, et son adjoint, le général Smaïn Lamari (8). Si l’information est exacte, cela signifierait que l’état-major a perdu de son poids politique en faveur de ce qui n’est officiellement qu’un de ses services, le DRS. Avec le désir de professionnalisation de l’armée exprimé par de nombreux jeunes généraux recrutés après l’indépendance, se dessine une évolution qui voit l’état-major se « dépolitiser » au profit du DRS, lequel apparaît comme la véritable direction politique de l’armée et du pays.
Pour Me Ali-Yahia Abdennour, ancien militant du mouvement national et membre fondateur de la LADDH, dont il a été le président jusqu’à l’année dernière, « le DRS n’a jamais été aussi puissant que sous le deuxième mandat de Bouteflika. Ni ce dernier ni les généraux n’osent désormais s’opposer à lui. Le DRS a six ou sept ministres dans le gouvernement, dont le premier ministre, échappant à l’autorité du président, et il a placé dans chaque ministère un colonel dont la fonction officielle est de surveiller le ministre et le personnel. Ce système paralyse l’Etat et vide les institutions de toute autorité. Le vrai président n’est pas Bouteflika, c’est le général Mediène. D’ailleurs les jeunes à Alger appellent Bouteflika le “président-Taïwan”, en référence aux fausses marques qui viennent de l’Asie du Sud-Est. Pour eux, c’est un faux président ».
Selon certains, la succession serait ouverte et le DRS aurait déjà fait son choix en la personne de M. Lakhdar Brahimi, ancien ministre des affaires étrangères et ancien délégué de M. Kofi Annan en Afghanistan et en Irak. Les responsables du DRS craignent en effet des poursuites judiciaires internationales, sur la base de rapports d’ONG de défense des droits de la personne les accusant de crimes contre l’humanité (9). Cependant, M. Brahimi ne fait pas l’unanimité parce qu’il ne bénéficie pas d’une image favorable chez ceux qui connaissent le personnel politique. D’autres personnalités semblent plus susceptibles d’opérer la transition vers l’Etat de droit, et le nom de M. Mouloud Hamrouche revient souvent.
Ce dernier a été premier ministre entre 1989 et 1991. Durant cette période, des réformes libérales ont été mises en œuvre dans le champ politique (multipartisme, liberté de la presse...) et en économie (fin des monopoles d’Etat sur le commerce, la monnaie...). D’après lui, il existe « une prise de conscience et une mobilisation qui redonne confiance dans les institutions de l’Etat. Le pays dispose de ressources considérables, il a des cadres de valeur, il a une jeunesse dynamique ; ce qu’il faut, c’est un projet clair, à savoir la construction de l’Etat de droit pour réhabiliter l’autorité publique et pour respecter la dignité de chaque citoyen ».
Sur la question de la réconciliation nationale et des demandes de vérité et de justice, M. Hamrouche reste prudent. « La tragédie nationale, explique-t-il, a été un ouragan qui a touché des milliers de familles, tant du côté de la population que du côté des services de sécurité. De mon point de vue, il faut se consacrer à l’avenir de telle manière qu’une telle tragédie ne se reproduise pas. L’armée a été marquée par ce qui s’est passé et il ne faut pas croire qu’elle est insensible aux douleurs des familles touchées par ce drame. »
Cette prudence n’est pas partagée par Me Hocine Zahouane, président de la LADDH depuis novembre 2005. « Les mécanismes qui ont provoqué le conflit meurtrier sont encore intacts. Il faut les casser. Il faut rendre totalement autonome la justice et lui permettre de juger les auteurs des disparitions et des tortures, quitte à ce que le président de la République amnistie certains d’entre eux. Cela réhabiliterait l’Etat aux yeux de la population et de l’opinion internationale. »
(Lahouari Addi ,le monde diplomatique 2006)

Du mazout dans l’eau potable à Alger

Selon l’ADE, la cause des odeurs d’hydrocarbures dans l’eau qui a jeté l’émoi dans la capitale, a été finalement localisée au niveau de la conduite d’adduction de Baraki.
La cause des odeurs d’hydrocarbures constatées depuis mercredi soir dans le réseau d’alimentation en eau potable d’Alger-Centre, a été localisée au niveau de la conduite d’adduction du champ captant de Baraki, a indiqué jeudi un communiqué de l’Algérienne des eaux (ADE). A cet effet, «des analyses régulières sont effectuées par la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) et les services concernés», a précisé la même source, qui affirme que «l’eau distribuée a gardé toutes ses qualités de potabilité». L’alimentation par la conduite de Baraki a par ailleurs été «momentanément suspendue sans pour autant perturber la distribution de l’eau», a ajouté la même source qui assure que «toutes les dispositions ont été prises pour garantir la continuité du service de l’eau au niveau des communes concernées en termes de qualité et de quantité». Mercredi, en fin de soirée, des odeurs d’hydrocarbures ont été constatées dans l’eau distribuée dans une partie des réseaux d’Alger, notamment dans certains quartiers des communes de Ben-Aknoun, Birkhadem, Bach-Djerrah, El-Madania, El-Mouradia, Alger-Centre, Bir Mourad Raïs, Hydra, El-Biar, Magharia, Hussein Dey, Kouba, Gué de Constantine, Bourouba et Sidi M’hamed, rappelle-t-on.
La Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) a, de son côté, annoncé jeudi matin, que l’alimentation en eau potable dans la région d’Alger-Centre «pourrait connaître quelques perturbations dans les jours à venir». Des perturbations qui, déjà, ont obligé les Algérois à une prudence extrême et à un rush sur les points de vente des bouteilles d’eau minérale. Notons qu’au départ, un premier communiqué de la SEEA annonçait la matinée de la même journée (jeudi) que «l’alimentation en eau potable dans la région d’Alger-Centre pourrait connaître quelques perturbations dans les jours à venir». La SEAAL s’est dit «immédiatement mobilisée» pour identifier l’origine du phénomène et a tout de suite estimé que «la cause est extérieure au service de l’eau», et qu’elle a «isolé le secteur concerné». La SEEA a déclaré également que les analyses effectuées sur l’ensemble du réseau pour mesurer l’impact de l’incident sur la qualité de l’eau ont démontré que «l’eau distribuée est restée potable».
(LE JOUR D'ALGERIE)

Monday, January 08, 2007

Maroc: Phosboucraâ menacé par les terroristes du "Polisario"

Dans une lettre à Mohamed Abdelaziz, les agents du Polisario dans les provinces du sud annoncent leur intention de recourir à des actes de sabotage en 2007. Ils désignent les installations de traitement des phosphates comme cibles.Des agents du Polisario se faisant appeler les "séparatistes de l'intérieur" annoncent qu’ils vont recourir à des actes de sabotage en 2007 dans les villes du Sahara. Selon l'ASM, ces menaces sont contenues dans une lettre de félicitations envoyée au chef des Polisariens de Tindouf, Mohamed Abdelaziz, à l'occasion de la fête du Sacrifice et qui retrace les prétendues "victoires remportées" par les séparatistes en 2006.Cette lettre, dont ALM a eu copie, a été adressée au chef du Polisario par un groupe de stipendiés prétendant parler au nom des "Sahraouis des territoires occupés". Ils y affirment avoir fait de 2007 "l'année de l'indépendance". «Nous allons viser les installations de l'ennemi dont le tapis roulant pour le transport des phosphates qui ne bénéficient pas au peuple sahraoui», lit-on dans cette lettre. «Nous envisageons également d'autres opérations dont on vous tiendra au courant au moment opportun», poursuit la même lettre adressée au chef des séparatistes et dont les auteurs déclarent qu'ils vont élever la cadence de leur "action militante dans tout le territoire des provinces du sud". Le document revient également sur ce que ses auteurs appellent les "grandes victoires" remportées en 2006 et citent nommément Aminatou Haïdar, Ali Salem Tamek et Jimi El Ghalia. Pour eux, ces derniers ont "réussi à casser le blocus pour révéler à la communauté internationale les pratiques et méthodes de l'ennemi". Les séparatistes présentent également comme "victoires" le fait d'avoir réussi à accrocher les "drapeaux" de la RASD et à organiser quelques manifestations dans les rues de quelques villes du Sahara marocain.Ce n'est pas la première fois que des menaces de sabotage sont brandies par les séparatistes locaux, ni la première fois où ils recourent à des actes de sabotage. Il y a plusieurs semaines, le tapis roulant acheminant les phosphates de Boucraâ à Laâyoune a fait l'objet d'un attentat criminel à l’explosif. Les enquêtes menées par les services de sécurité ont conduit à l'arrestation de plusieurs personnes, pour la plupart impliquées dans les actes de sabotage de Laâyoune en mai 2005 dont Bouchta Bentalib qui a été arrêté il y a une dizaine de jours.Alors que les séparatistes locaux brandissent des menaces contre les installations publiques au Sahara, les amis de Mohamed Abdelaziz multiplient les attaques contre les pays "soupçonnés" de soutenir le projet d'autonomie proposé par le Maroc. La semaine dernière, le secrétariat national du Polisario a appelé la France à "cesser d’entraver les résolutions du Conseil de sécurité au Sahara occidental et de cesser d’encourager le gouvernement marocain à se rebeller contre le droit international". Madrid, pour sa part, a été appelé à assumer ses "responsabilités à l'égard du peuple sahraoui". Les deux pays sont montrés du doigt par le Polisario comme étant les deux "meneurs" du "lobby pro-marocain".Le gouvernement Zapatero a d'ailleurs fait l'objet de virulentes attaques de la part du Polisario et de l'Algérie notamment depuis la visite du chef de l'exécutif espagnol à Alger. Le pays voisin, principal soutien des séparatistes, n'a pas digéré le refus du responsable espagnol de prendre fait et cause pour les amis de Mohamed Abdelaziz.Naâma Asfari agresse un policier à SmaraNaâma Asfari, une figure du séparatisme à Smara, a été arrêté, samedi dernier, pour avoir agressé un policier dans la même ville. Naâma Asfari, président d'une ONG de soutien au Polisario en France, n'en est pas à sa première gaffe du genre. Il devra répondre de son acte devant la justice. Selon des sources sahraouies, les forces de l'ordre, dans plusieurs villes, font preuve de beaucoup de sang-froid et ne répondent pas aux provocations de ceux qui sont manipulés et qui recherchent la confrontation.
(ALM 8/1/2006)

Sunday, January 07, 2007

Algérie: Le directeur de la Sonelgaz de Tipasa arrêté pour corruption

Les services de la gendarmerie du groupement d’Oran ont dévoilé hier, lors d’un point de presse tenu par le commandant dudit groupement, les détails d’une affaire de corruption impliquant le directeur régional de la Sonelgaz de Tipasa.
En effet, ce dernier, répondant aux initiales de B. B., a été tout simplement pris en flagrant délit de corruption le 2 janvier dernier, et a été arrêté au moment même où il empochait la somme de 28,8 millions de centimes “de pot-de-vin”, qui lui avait été remise dans une enveloppe par un entrepreneur de Tipasa dénommé B. A.En fait, ce dernier, qui est également de Tipasa, se voyant réclamer de la part du directeur régional un “cadeau de 60 millions de centimes” a choisi de prévenir les services de la gendarmerie et de déposer une plainte à l’encontre de B. B. en date du 1er janvier. Selon les déclarations même de la victime, le directeur régional refusait depuis 2005 de régler des travaux réalisés par cet entrepreneur pour le compte de la Sonelgaz, et dont le montant s’élevait à près de 900 millions de centimes. L’entrepreneur réclamera à maintes reprises son dû, mais B. B. refusera systématiquement arguant la non-conformité des travaux réalisés. Travaux qui, au demeurant, avaient été pourtant réceptionnés par les techniciens de la Sonelgaz. C’est alors que l’entrepreneur apprendra auprès d’autres entrepreneurs de Tipasa qu’il fallait offrir un cadeau pour parvenir à se faire payer.C’est ainsi que le directeur régional exigera, pour régler la facture des travaux, que lui soit remise la somme de 60 millions de centimes à Oran, lieu de résidence de B. B. L’accord prévoyait donc que B. A. vienne à Oran pour verser “le cadeau”, du moins une première tranche, soit 30 millions, et en contrepartie, la moitié du montant des travaux serait réglée, mais le directeur ne se doutait pas que la gendarmerie informée allait tout simplement mettre en place une véritable souricière avec la complicité de B. A., le plaignant. Celui-ci prit donc rendez-vous avec B. B. dans un café situé à l’entrée d’Oran près de Bir El-Djir, la discussion entre les deux hommes porta sur la somme versée. Au préalable, l’entrepreneur avait acheté un portable qui a permis aux enquêteurs de la gendarmerie d’enregistrer les propos entre les deux hommes. B. B. empoche les 28,8 millions, et au moment où il s’apprêtait à rejoindre son véhicule, il a été appréhendé par les gendarmes qui se trouvaient sur place en planque.Le groupement de la gendarmerie d’Oran après avoir auditionné une première fois B. B. obtient l’extension des compétences. Le directeur régional de la Sonelgaz a alors été transféré à Tipasa pour un complément d’enquête. Ramené à nouveau sur Oran, le prévenu a été présenté aujourd’hui avec son staff technique devant le procureur du tribunal d’Es-Seddikia qui l’a placé sous mandat de dépôt et inculpé pour corruption. Le plus dramatique dans cette affaire qui a été mise à jour grâce à la plainte de B. A. est que tout un chacun peut s’interroger désormais s’il s’agit là d’une pratique courante qui régit les marchés.À noter que la direction régionale de la Sonelgaz de Tipasa chapeaute aussi une bonne partie de la capitale. Cette affaire risque peut-être de mettre au jour d’autres affaires semblables. D’ailleurs, au groupement de la gendarmerie d’Oran l’on demande à tous les citoyens victimes de “corrupteurs” de ne pas se taire et de les dénoncer en déposant une plainte comme cela a été fait dans cette affaire.
(la liberté 07/01/2006)

Saturday, January 06, 2007

Algérie : Belkhadem tance ses candidats

Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem s’en est pris à certains candidats de son parti ainsi qu’à la presse algérienne. Aux premiers, il a promis d’être traînés devant la commission disciplinaire.Lors d’une réception offerte mercredi au siège du parti, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN a exprimé sa joie face à la victoire obtenue par sa formation lors des élections sénatoriales qui ont eu lieu le 28 décembre dernier. M.Belkhadem a qualifié cette victoire de «tsunami». «Nous avons remporté 28 sièges sur 48. Il est possible que nous en ayons un autre à Constantine. À l’heure actuelle, nous sommes le parti majoritaire au Conseil de la nation. Que faut-il prouver de plus pour que l’on reconnaisse que le FLN est le plus fort ! Ce n’est pas un raz-de-marée du FLN qui s’est produit durant ces élections, mais plutôt un tsunami FLN», a-t-il lancé en présence des nombreux invités. Le Premier ministre algérien a reproché aux autres acteurs politiques leur refus de reconnaître leur défaite. Il s’en est également pris à la presse algérienne à qui il reproche notamment l’utilisation d’artifices rédactionnels afin de « minimiser » la victoire du parti lors des récentes élections sénatoriales. Au même moment, ces mêmes médias portaient aux nues les partis concurrents. Il s’agit du parti du Rassemblement national démocratique (RND), un parti de l’Alliance gouvernementale de l’Algérie. M. Belkhadem a notamment signifié à l’assistance qu’il n’avait aucun inconvénient à ce que Abdelkader Bensalah, le président sortant du Conseil de la nation soit reconduit, ajoutant que le plus important pour le FLN est d’être aujourd’hui le parti majoritaire dans toutes les institutions. Le chef du gouvernement algérien a ensuite changé son fusil d’épaule et s’est attaqué aux candidats FLN. Il a évoqué, en termes tout à fait explicites, le cas des responsables locaux qui ont fait acte d’indiscipline lors de la campagne électorale précédant le scrutin. Des responsables qui, selon lui, «ont privé le FLN d’une victoire plus large». Cette victoire qu’il qualifie de tsunami et qui a souffert surtout des «alliances tissées avant les élections» et qui «n’ont pas fonctionné». A l’adresse de ces personnes qui ont décidé de «vendre leurs voix» à d’autres partis ou de «rouler» pour leur propre compte, le secrétaire général du FLN a promis de soumettre leur cas à la commission de discipline du parti.A l’approche des prochaines élections législatives algériennes qui auront lieu en mai prochain, M.Belkhadem a annoncé qu’il entamerait une procédure dans le but d’assainir les rangs de sa formation. «Nous ne tolérerons plus ce genre de comportement. Il est inadmissible que des personnes continuent à faire leur beurre aux dépens du parti. Les militants doivent admettre une fois pour toutes que l’intérêt du FLN prime sur leur propre intérêt», a-t-il précisé. En outre, il a promis d’instaurer une éthique et de mener sa formation vers des victoires encore plus éclatantes. Et pour appuyer ses paroles, M. Belkhadem a lancé à l’assistance que «le FLN n’a pas pour habitude de lancer des paroles en l’air et de ne pas tenir ses promesses».À propos du référendum sur la révision de la Constitution, le chef du gouvernement algérien a tenu à rappeler que celui-ci a été reporté et non pas annulé et a rassuré l’assistance de sa tenue. Le référendum aura lieu, d’après ses déclarations au cours de l’année 2007, tel qu’il l’avait annoncé auparavant. «Je vous rappelle qu’il y a eu un report et non pas une annulation de la date du référendum. Je peux assurer que la consultation sera tenue au cours de cette année», a-t-il dit.
(agences )

Friday, January 05, 2007

Tindouf-Séquestrés:Mohamed Abdelaziz ordonne la suspension de la délivrance des autorisations de sortie des camps de séquestration

Rabbouni (Tindouf), 05/01/07- Le secrétariat général du "polisario" a tenu, mercredi à Rabbouni à Tindouf, une réunion marathonienne de 15 heures, au cours de laquelle le chef des séparatistes Mohamed Abdelaziz a ordonné aux responsables des camps de séquestration d'arrêter la délivrance des autorisations de sortie, apprend-on de sources dignes de foi.
Les mêmes sources précisent qu'au cours de cette réunion, qui a débuté à 09H00 pour ne prendre fin que vers minuit, Mohamed Abdelaziz a estimé que "si le mouvement des sorties se poursuivait à la cadence actuelle, les camps se videraient".
Les mêmes sources ont considéré cette mesure de restriction comme étant une étape supplémentaire dans le quadrillage déjà en vigueur dans les camps.
Ces restrictions accentuent ainsi davantage les souffrances des séquestrés et aggravent les conditions dramatiques et inhumaines dans lesquelles ils vivent, sans qu'ils perdent, toutefois, l'espoir de se libérer du blocus qui leur est imposé et de regagner la mère patrie.
Ces mesures répressives, poursuivent les mêmes sources, interviennent suite au flux sans cesse croissant des retours à la mère patrie, enregistrés ces derniers temps.
(map 05/01/2007)

Wednesday, January 03, 2007

La mafia du Polisario cherche à déstabiliser le Maroc:Un trafic d’armes neutralisé à Laâyoune

Le Polisario cherche toujours à introduire des armes au Maroc. Après la saisie effectuée à la frontière avec la Mauritanie, d'autres armes ont été découvertes au nord de Laâyoune. La Gendarmerie royale mène l'enquête.Une nouvelle saisie d'armes a été effectuée, récemment, près de Laâyoune. Selon des sources bien informées, un individu requérant l'anonymat a contacté les services de sécurité, jeudi dernier, pour les informer de l’existence d'une cache d'armes dans la localité d’Aghenssir, une commune rurale (dans la région de Tah) située à près de 70 kilomètres au nord de Laâyoune. Dépêchés sur les lieux, des éléments de la Gendarmerie royale ont pu mettre la main sur trois fusils de marque "Kalachnikov" et deux fusils d'assaut légers (FAL). Les mêmes sources indiquent qu'une enquête a été ouverte pour identifier la ou les personnes qui ont été en possession des armes saisies. Toutefois, une hypothèse, et des plus probables, est déjà avancée : les armes saisies à Aghenssir auraient été acheminées à l'intérieur du Maroc par la même filière mauritanienne qui aurait effectué plusieurs opérations d'introduction d'armes au profit de milieux séparatistes dans les villes du Sahara.D'ailleurs, les dénommés Mohamed Ould Soul et Mostafa Ada (30 ans, de nationalité mauritanienne) attendent d'être jugés par le tribunal permanent des FAR. Ils sont toujours incarcérés à la prison civile de Kénitra au moment où des sources évoquent des tractations entre le Maroc et la Mauritanie pour une éventuelle extradition. Mohamed Ould Soul et Mostafa Ada avaient été arrêtés en relation avec la tentative d'introduction au Maroc de deux fusils d'assaut légers, le 18 novembre 2006, via la région frontalière de Zouirate. Lors des interrogatoires auxquelles ils avaient été soumis, ils auraient admis avoir déjà introduit d'autres armes au Maroc dont des Kalachnikov. L'un d'eux serait également un proche de Brahim Noumria, l'un des "animateurs" des milieux séparatistes locaux qui s'était "distingué" lors des événements de Laâyoune en mai 2005.Les enquêteurs continuent d'ailleurs d'essayer de faire la lumière sur la provenance des explosifs ayant servi au sabotage, il y a plusieurs semaines, du tapis roulant assurant la liaison entre les convoyeurs de phosphates à Boucraâ et Laâyoune. Une opération qui s'était soldée par de grands dégâts matériels, à en croire des sources informées. Elle s’était également soldée par l'arrestation de plusieurs personnes et leur incarcération à Kénitra en attendant la tenue de leur procès.A Laâyoune, on indique que le nombre d'arrestations s'élargit comme en atteste la récente arrestation d'un autre "fauteur de troubles" qui aurait participé au sabotage de Boucraâ. Il s'agit du dénommé Bouchta Bentalib, connu également pour avoir été au centre de tous les actes de sabotage, mais surtout d'être l'un des rares "meneurs" issus de la tribu des R'guibat. Ce dernier est toujours interrogé par les services de la Gendarmerie royale de Laâyoune pour déterminer sa part de responsabilité dans l'explosion qui a visé la société PhosBoucraâ. Ayant activement participé aux actes de sabotage de mai 2005 à Laâyoune, Bouchta Bentalib a d'autres antécédents judiciaires. Il a notamment provoqué l'incendie criminel d’un véhicule de la Gendarmerie royale à Foum Elouad, localité située à près de 30 kilomètres de Laâyoune. (ALM 03/01/2007)

Les USA appellent leurs ressortissants à redoubler de vigilance en Algérie

Le département d'Etat américain vient de revoir à la hausse le niveau d'alerte sur la situation sécuritaire en Algérie, appelant les ressortissants américains en Algérie à redoubler de vigilance dans leur déplacement, rapporte mardi le quotidien algérien "Le Jeune indépendant". Dans une note destinée aux Américains établis en Algérie ou ceux qui souhaitent se rendre dans ce pays, Washington relève que le terrorisme en Algérie "continue de constituer un risque pour la sécurité dans plusieurs régions" et invite tous les ressortissants américains qu'ils soient résidants, en mission ou en voyage à éviter les déplacements dans les zones extra urbaines.La nouvelle note, qui intervient après l'attentat contre un bus transportant des employés d'une entreprise américaine de bâtiment à Bouchaoui (banlieue ouest d'Alger) ayant fait deux morts et 8 blessés, limite la liberté de mouvement pour le personnel du gouvernement et de la représentation diplomatique américains à Alger. Ces derniers peuvent toutefois circuler librement dans le centre de la capitale, mais en s'entourant des mesures de sécurité nécessaires, souligne-t-on de même source.Pour tout autre déplacement en dehors du centre de la capitale, il leur est demandé d'agir en coordination avec le bureau de l'ambassade chargé de la sécurité régionale.Washington recommande, en outre, aux Américains se rendant en Algérie de faire une évaluation des risques sur leur sécurité en les invitant à se faire accompagner par des agents locaux reconnus, en cas de voyage vers le sud du pays. Pour ceux qui décident d'aller en Algérie, en dépit de cette nouvelle mise en garde, le département d'Etat américain les invite à ne résider que dans les hôtels internationaux où la sécurité est garantie, tout en leur déconseillant d'effectuer des déplacements dans la banlieue de la capitale ou de se déplacer entre les wilayas notamment celles du nord du pays, souligne en substance la note.
(ALM 29/12/2006)